Comments on Dissertations

ninecz (2007-02-26T23:15:53Z)

"l'exercice de dissertation, qui est l'un des supports privilégiés de la pensée occidentale…"
je pense que c'est surtout un exercice français. Les étudiants étrangers qui viennent dans les facs françaises, allemands par exemple, ont le plus grand mal à comprendre ce que l'on attend d'eux pour une dissertation. les essais réclamés ailleurs en Europe me semblent relever d'une autre mentalité. La dissertation est un sport national plus qu'occidental…

Apokrif (2007-02-24T20:29:33Z)

"C'est bizarre, mais ce billet n'a pas du tout ton style"

C'est simplement un extrait de son autobiographie:
http://www.madore.org/~david/mavie.html

Pour les disserts pipotées, ce site collecte des oeuvres d'étudiants américains:
http://www.elsewhere.org/pomo

Simon (2007-02-03T20:44:34Z)

Un petit aperçu de quelques coefficients :
Centrale Paris : Maths : 46, Physique : 26. Français : 11 (sur un total de 123).
Mines-Ponts : le français compte pour 5 à l'écrit (sur un total de 28) et 6 à l'oral (sur un total de 41).
Effectivement, seule Ulm possède des différences telles entre ses écrits et ses oraux… Pour résumer, les écrits, c'est un peu la porte d'entrée à un nouveau concours :-)

Stranger (2007-02-02T23:13:34Z)

Bon, oui, Dyonisos, c'est certain… Maintenant comme je l'écrivais, les circonstances dans lesquelles on rédige une copie ne favorisent pas vraiment un questionnement en profondeur… D'abord, on prend des risques, on perd du temps, on n'est pas assuré de boucler quelque chose, d'arriver à le dérouler correctement… et quand on sait que les copies formelles sont "bien payées", on joue cette sécurité là. Maintenant ça marche comme ça en colloque aussi ; quand on ne donne pas les gages rhétoriques, on est tout de suite soupçonné d'être un rigolo, quoi qu'on dise…

Je ne suis pas sûr que l'agrégation n'aide en quoi que ce soit à sélectionner de bons profs de lycée ; en philo, je pense qu'elle est responsable de l'enseignement chiantissitime qu'on reçoit en terminale, du côté pré-mâché, mis en boîte des cours et de la difficulté de la connecter comme il faut avec d'autres champs. Comme les exemples canoniques, exigibles à l'agreg, sont très ciblés, pré-définis, on apprend à faire semblant d'être ouvert plutôt qu'à l'être vraiment. Pour ma part en tout cas, mais ce n'est pas forcément généralisable, je garde un bon souvenir du français, de l'histoire en lycée, un souvenir mitigé des maths, et un souvenir catastrophique de la philo. En khâgne, la tendance s'est inversée. Pareil pour les maths pendant mon incursion en sup : nettement plus motivant (malgré une prof à tendance bourbachique qui m'agaçait un peu avec ses démonstrations plus formelles qu'élégantes, mais c'est un autre problème).

koxinga (2007-02-02T18:31:25Z)

Ruxor > Ce type de sélection, où l'oral est prépondérant, est très spécifique à l'ENS, et même plus précisément à Ulm. Tous les autres concours accordent une part égale aux écrits et aux oraux. Il y a même parfois des épreuves de français écrites et orales, comme à l'X et aux Mines. Ces épreuves orales sont alors plus ou moins ouvertement des épreuves de culture générales et de pipotage.

Ce qui me gêne dans ces matières littéraires, c'est l'importance qu'a le prof. Pendant toute mon année de spé, j'ai eu des notes correctes (12/13). Au concours, j'ai fait la même chose et je me suis ramassé ( 5 ou 6 à X et ENS, 9 aux Mines). Comment savoir que ce que je faisais n'était pas ce qui était attendu si personne ne me le dis ?

(Rassurez-vous, j'ai très bien intégré tout de même ;o))

Si cela peut rassuer les taupins, on peut très bien intégrer

Ruxor (2007-02-02T15:33:21Z)

Simon → Ce n'est pas une histoire du style, le français ne compte que pour l'admission, où les coefficients sont beaucoup plus élevés (parce que les oraux se réservent le droit de changer complètement le classement de l'écrit), donc un coefficient donné comptant pour l'admission n'a pas du tout le même sens que le même coefficient à l'admissibilité?

En tout cas, c'est comme ça pour les ENS.

Dionysos (2007-02-02T15:23:29Z)

je ne peux m'empêcher de répondre, et pourtant on dévie ainsi de la question de la dissertation en général à la mise en discussion d'une copie.
c'est justement la pertinence de la notion métaphysique d'actualité qui ne m'a pas semblé vraiment interrogée. Que certaines acceptions, à commencer par le sens journalistique ou historique, ne soient pas analysées, je m'en moque. Mais précisément, dès l'introduction et la première partie, il s'"installe" dans Aristote et opère des distinctions fines sans justifier le recours à la notion d'actualité comme concept explicatif du réel. En résumé, je pense que le jury valorise le recours à des auteurs sans se soucier nécessairement du rapport que leurs écrits ont avec le monde contemporain, ou plutôt avec le monde tout court. La question de la vérité et de l'objectivité sont les parents pauvres des rites sélectifs agrégatifs en philo. Pour ma part, j'ai vraiment l'impression d'un exercice de langue, au sens où on valoriserait la maîtrise d'une langue plus ou moins étrangère (ici l'aritotélisme, puis quelque chose comme celle d'Arendt) sans qu'on voit en quoi ça éclaire le réel, ni même en quoi ça s'y rapporte.
L'agreg peut être un bon instrument de sélection pour l'enseignement au lycée puisque le même type de rhétorique y est central; pour la recherche, elle est aux antipodes. Elle favorise conformisme, dédain pour la vérité objective, étroitesse du champ des références et surdétermination de l'histoire de la philosophie.

Simon (2007-02-02T15:08:08Z)

Nick -> Non. Je dis 22 pour les maths sur la totalité des deux épreuves. Flippant, n'est-il pas ? :)

Stranger (2007-02-02T12:21:49Z)

Pour ce que je sais, il a été récompensé justement pour avoir ciblé sa dissertation sur la notion antique de l'actualité (acte/puissance) quand la plupart des copies, ou ont ciblé sur le sens politique, ou ont tenté un raccord qu'ils n'ont pas su mener à bien. Dans l'absolu, je pense qu'ils avaient raison, mais réussir à réarticuler la compréhension du temps et des catégories métaphysiques classiques avec le sens concret d'actualité, c'est assez périlleux dans une dissertation. Je pense que ceux qui ont essayé (ce que j'aurais fait aussi) l'ont fait de façon artificielle, et que le jury a préféré un travail très académique, mais cohérent. Bon, je ne dis pas que j'approuve, mais je comprends. En détail, pour traiter vraiment ce sujet, il faudrait, et des connaissances d'épistémologie assez techniques, et une assez bonne compréhension de l'évolution du sens des catégories métaphysiques, cela mis en rapport avec l'interprétation que les hommes donnent, et de leur science et de leur existence politique… Le problème, c'est aussi que dans une dissertation d'agreg, on demande toujours les références, comme on le voit dans la correction, parce que le correcteur n'est pas sensé être spécialiste de tout ce que le candidat cite. Alors ça limite pas mal l'éventail de ce sur quoi on peut s'appuyer, parce qu'on a pas le temps non plus d'apprendre tout ça, et que c'est un peu inutile. Comme je l'écrivais, chaque correcteur a deux cents copies, il se fait chier avec, il y en a une moitié très médiocres qui le braquent d'emblée (même principe que chez les lecteurs de maisons d'édition ; on finit par juger à la va vite, sur les premières impressions), il n'a pas forcément envie de faire l'effort de compréhension pour chaque perspective, et il n'a pas forcément les mêmes a priori que les candidats, ce qui conduit à standardiser terriblement les copies.

Pour moi, c'est plutôt l'agrégation dans son ensemble que la dissertation que ça remet en cause ; je ne vois pas ce qu'elle vérifie, ni la capacité à enseigner, ni celle à faire de la recherche, encore moins celle d'être original. Autant les polémiques sur l'utilité des ENS me laissent plutôt froid, autant je me dis que cette institution là a peut-être fait son temps, qu'elle emmerde tout le monde et qu'elle rigidifie les parcours au lieu de les rendre exigeants.

Une dissertation, bah, c'est un exercice utile pour peu qu'il soit accompagné par autre chose, qu'il ne soit pas le seul étalon, qu'il soit, comme le solfège, l'apprentissage d'une technique et d'une discipline plutôt qu'un carcan… et qu'on soit bien au fait qu'il est essentiellement rhétorique et formel.

Spécialiste es langues mortes (2007-02-02T11:03:32Z)

On pourrait retourner à la philosophie le compliment que Bertrand Russell faisait aux mathématiques : " c'est une science dans laquelle on ne sait jamais de quoi l'on parle ni si ce que l'on dit est vrai ".

Dionysos (2007-02-02T10:34:33Z)

Ok,
sans doute, j'exagère. Mais ça permet, je crois, de voir que les réricences de Ruxor ne sont pas forcément liées à la place marginale des lettres dans les prépas scientifiques et que certaines critiques se retrouvent dans la moulinette reprodcutve de l'agrégation. Evidemment, je ne jette pas l'opprobre sur la dissertation dans son ensemble et en soi tous les grands livres de réflexion sont à leur manière des dissertations, qu'on s'appelle Monod ou Sartre.
Quand je disais qu'elle était creuse, c'est que j'avais l'impression que le langage tournait à vide. Les références sont là, mais le point de jonction avec la réalité, j'avoue ne pas le voir. Ainsi Aristote est convoqué et non justifié: certaines acceptions du terme actualité sont distinguées etc… Mais ça reste pour moi un pur exerice de vocabulaire: pourquoi est-on amené à mobiliser la notion d'actualité ? Ne pourrait-on s'en passer ? En quoi la notion est-elle nécessaire pour comprendre le monde ? Ce n'est visiblement pas le genre de questions que le jury juge décisives.
Je n'ai rien contre l'auteur de la copie. Il a sans doute de grandes qualités intellectuelles et personnelles et il est malin, il a compris les attentes de la dissertation et y satisfait pleinement. De là à dire qu'il enrichit notre compréhension de l'actualité …

Stranger (2007-02-02T00:59:27Z)

Faut pas exagérer non plus. Dyonisos, si tu veux juger de ce qui est dit dans une copie d'agreg, apprends d'abord le langage qui est derrière. Personne ne s'amuserait à prétendre juger une copie de maths sans avoir les notions, alors un peu de mesure, quand même. Je ne dis pas que c'est l'oeuvre du siècle, cette copie (dont je connais un peu l'auteur, qui plus est), ni qu'elle soit d'une inventivité fascinante, c'est vrai qu'elle est très formelle et académique, mais elle n'est pas vide non plus. Mais bon ça dévie, ce n'est pas le sujet, alors évitons. Oui, la rhétorique universitaire est sclérosante, oui l'exercice de la dissertation invite à la sophistique ; mais il y a des abus et des des dérives dans tous les domaines, pas seulement là.

Dionysos (2007-02-01T23:18:52Z)

http://www.paris8philo.com/8-categorie-683910.html :
la copie qui a majoré l'écrit l'épreuve dissert sans programmme l'année dernière, verse autant dans la rhétorique creuse que toi. Si tu y vois le moindre intérêt substantiel, tu as de meilleurs yeux que moi: le langage tourne à vide, remue la pouissière jargonante de quelques auteurs consacrés et récolte l'onction académique. Esprits rigoureux, maudissez l'habitus déformant des études de philo!

Ruxor (2007-02-01T17:04:57Z)

J'ai plutôt l'impression que les profs de lettres refusent, justement, d'étaler leurs notes (enfin, de normaliser leur écart-type). Par exemple, il paraît que l'attitude stupide du jury de grec à l'ENS (au concours A/L) est en train de faire disparaître l'étude de cette langue, tout ça parce que le jury refuse de mettre des 20 sous prétexte que les copies ne le méritent pas. Mais ça veut aussi dire que les jurys qui réagissent comme ça tuent leur propre coefficient.

Nick (2007-02-01T14:58:41Z)

Simon-> C'est sur que les profs de francais se vengents sur les eleves tangents en etalant leurs histogrammes de notes pour avoir plus (trop) de poid. C'est petit, mesquin et vil.

Mais rassure-moi, quand tu dis:
"11 pour le francais et 22 pour les maths."
tu veux dire:

"11 pour le francais et 22 pour les maths fois 2 soit 44, parce qu'il y a deux epreuves."?

Anonymous Coward (2007-01-31T19:01:04Z)

As tu récemment lu des copies de mathématiques d'élèves littéraires ? Si tu veux déterminer à quel point le français ou la philosophie sont pipo, c'est le concours littéraire de l'ENS qu'il aurait fallu passer !

En tout cas, les petites normaliennes, moi elles m'impressionnent avec leur façon d'agencer leurs arguments (en somme, je ne suis qu'un pauvre con), leur style (comment dire que je ne suis qu'un pauvre con avec élégance) et leur culture ("pauvre con" en 6 langues). D'ailleurs, le rapport du jury chaque année déborde d'éloges tandis qu'en C/S on est toujours traités de … pauvres cons.

Stranger (2007-01-31T18:51:53Z)

Les profs de lettres ont souvent une formation classique qui les pousse à aimer ce type d'érudition, et qui plus est, ils sont braqués d'avance contre les maths sups qu'ils lisent avec toutes les öauvaises dispositions imaginables. Avant de passer en hypokhâgne, j'ai fait une sup, mes notes de français étaient moins bonnes que celles que j'ai eues en lettres et philo en HK et KH après (pire, même, mes notes de maths étaient meilleures que celles de lettres ; heureusement que la physique a aidé la décision). En plus, une correction de concours, c'est 200 copies chiantes fatalement survolées, surtout quand ce n'est pas la matière principale.. Et même : les copies d'agrégation de philo fluctuent souvent bizarrement, et il y a même des chances que les premières impressions jouent en maths. Je me souviens en sup : une copie bien présentée est mieux notée et mieux lue qu'une copie torchée, les biens connus "trivial", ou "donc" là où il n'y a rien de trivial et d'évident passent mieux, de même que les calculs compliqués qui donnent miraculeusement le résultat après une simplification foireuse et pipotée..

Simon (2007-01-31T13:45:52Z)

Nick -> A priori je navigue malheureusement pas trop dans ce niveau-là :) J'aimerais être admissible à une ENS, ça me permettrait d'espérer avec de bonnes chances un magistère d'une ENS (voire le concours lui-même ;) ). Sans ça j'irai à la fac. Par contre, pour la masse de taupins moyens (=qui n'ont pas le niveau pour rentrer à l'X ou l'ENS), et qui veulent intégrer une école d'ingés, le français, c'est quand même important. Exemple à Centrale Paris : à l'écrit, le français a un coefficient 11, contre 22 pour les maths, 14 en physique… Aux Mines, 5 pour le français, 9 pour les maths, 7 pour le français… !

Nick (2007-01-30T19:17:43Z)

Simon -> Rassure-toi, le francais en s'en tape les couilles parterre aux concours scientifiques. Si tu penses etre tangent
a l'ENS a cause du francais, alors tu es sur d'avoir l'X, non? Ce qui est beaucoup mieux pour ton avenir.

Simon (2007-01-30T15:57:19Z)

J'ai l'immense honneur d'avoir eu en sup (l'an dernier) une des correctrices de l'ENS scientifiques. Je ne sais pas si elle l'était lorsque tu as passé le concours. En tous cas, ladite prof m'a impressionné lorsque, dans l'exercice de résumé (plus formel que celui de dissertation, donc a priori sujet à moins d'hésitations sur la note), j'ai été gratifié d'un 3, parce que j'étais sorti au bout d'1h35 au lieu des 2 disponibles. La prof a écrit de très méchantes remarques sur le fait que le but n'était pas de sortir vite en marquant ouvertement son mépris pour les lettres, mais bien de faire un devoir sensé. Environ toutes mes phrases étaient rayées de "Non", "Vous n'avez pas compris l'esprit", "Ah bon ?", etc. Lorsqu'elle a fait son corrigé, je me suis aperçu à mon grand étonnement que *toutes* les idées que j'avais écrites dans mon résumé figuraient dans le corrigé (certes bien mieux écrit). Je suis allé voir la prof à la fin du cours : elle a relu ma copie, puis a consenti que certes, elle avait été un peu sévère, parce que je l'avais énervé en sortant très tôt (banalement, je pensais que lorsque l'on avait fini un devoir, il était de bon ton de sortir), et qu'elle n'avait pas pu comparer ma copie à celle des autres élèves. Résultat : elle a rajouté un 1 devant mon 3. Je ne sais toujours pas si ma copie valait ce jour là, 8, 13, ou 18, mais ce que je sais, c'est que j'ai peur pour la copie que je rendrai en mai à l'ENS…

yvo (2007-01-30T10:18:54Z)

En communication, il y a des auteurs (réunis sous une même école) qui pensent que le canal passe avant le message. En gros que 90% de nos conversations (orales mais aussi écrites) sont une forme d'hypnose. Il y a dans les sciences cognitives actuelles des résultats qui vont dans ce sens. En fac, il existe plein d'expériences amusantes qui montre de tels phénomènes (effrayants par l'usage qui peut en être fait). En littérature on peut ausi montrer que de nombreuses phrases grammaticalement correctes, n'ont pas vraiment de sens en soi, ou plutôt qu'elle porte directement un sens et son contraire.
ça se passe comme si notre cerveau n'était qu'une sorte de caisse de résonnance, qui cherche à se mettre au diapason pour partager de l'information.
Dans les mathématiques, (ou chez les mathématiciens ?) il ne me semble pas y avoir ce phénomène. Ruxor est doué pour la littérature (qui parle à nos sentiments si on peut dire) et excelle en mathématiques. C'est tout l'intérêt, pour moi, de son blog, et j'ajoute que j'adore les fragments littéraires que je pourrais commenter parfois longuement.

cargo du mystère (2007-01-29T19:42:23Z)

Je crois encore plus que Bliblo que tes notes étaient justifiées, et même un peu radines : si un lycéen sur dix mille savait citer, avec ta maestria, en quatre langues les auteurs que tu évoques, je serais heureusement surpris.

Comme Ben, j'ai immédiatement pensé à Sokal.
Il y a un site amusant (mais pas que)d'engendrement machinal
de textes en post-moderne derridien pur jus:
http://www.elsewhere.org/pomo
Tu admireras l'humour et le savoir-faire en matière de réseaux à transition récursive.

Ruxor (2007-01-29T16:51:38Z)

Si, si, ce billet est bien de moi. Si le ton est un peu différent, c'est que je l'ai écrit pour un forum (interne à l'ENS) et recopié ici ensuite. Je ne dois pas tout à fait m'exprimer de la même façon.

Bliblo (2007-01-29T16:41:17Z)

J'ai d'abord pensé qu'il y avait un peu (pas mal) de vanité dans ce post.

Mais finalement, il me semble qu'il s'agit plutôt d'une méprise sur l'objet de la dissertation.

On fait croire qu'il s'agit de s'exprimer, de dire ce que l'on pense, sous une certaine forme. C'est évidemment faux. C'est un pur exercice de style visant à vérifier que le candidat est capable de s'exprimer de manière cohérente, en faisant montre si possible d'un peu de culture. Votre compte rendu laisse à penser que vos copies satisfaisaient à ces critères.

D'où des notes justifiées.

Vicnent (2007-01-29T16:38:22Z)

Mon cher Ruxor, ce billet serait-il un prête-main ? C'est bizarre, mais ce billet n'a pas du tout ton style (ou en tout cas je sens comme un changement de style, trop brutal pour être un changement de 'ton' style). Bref, qui a écrit ce billet ? ton ami ? Ce serait drôle en plus que nous affirmions que tu as rédigé un chouette billet sur l'escroquerie alors même que le billet en est une (dans le sens où tu ne nous dirais pas que ce n'est pas toi l'auteur). Bref, si j'ai bon, je gagne quoi ?

Sinon, je t'avoue penser un peu la même chose de la philo lycéenne. Ma première disserte fut sur : "Les mathématiques sont elles un langage ?"… Et puis, le temps passant, les notes toujours égales à 6, nous avons décidé avec un pote d'en faire un jeu : dans toutes nos dissertes alors, le correcteur pouvait trouver Autruche et Casserole… Bizarrement, la veille du bac, nous avons eu le sujet (comme en géographie d'ailleurs…) : "Qu'est ce que faire une expérience ?". Le plus drôle, c'est que nous fumes plusieurs à préparer plan, intro et conclusion. C'est la seule disserte de ma vie où j'ai vraiment passé 4 heures dessus et … j'eus 5.

Pour la philo, aujourd'hui, je me suis mis à lire Comte Sponville (son "le capitalisme est-il moral" est un chef d'oeuvre de limpidité, j'attaque le dernier sur l'athéisme…). Je me suis acheté aussi quelques Derrida. C'est pas pareil… :-)

Geo (2007-01-29T12:33:48Z)

Je ne pense pas que les histoires de Ruxor suffisent à discréditer toute une discipline. Je pense que ses dissertations étaient meilleures que ce qu'il nous laisse penser.

Mais surtout, corriger des copies, c'est TRES TRES chiant. Je peux facilement imaginer les correcteurs lire les copies une fois en diagonale pour les évaluer. Dans ces conditions, rien d'étonnant qu'un élève qui manie convenablement la langue française et qui possede un peu de rigueur et de culture récupère une bonne note.

zelda (2007-01-29T11:08:46Z)

Excellent !

Le coup de gars inventé m'a fait penser au canular de Mr le Chieur :
http://brols.net/2003/12/28/81-histoire-d-henri-pierne

Au passage, je ne sais pas si tu as ça dans tes carnets, mais j'aurais besoin d'une liste de mots compliqués (mais qu'on peut utiliser dans la vie courante), pour la collection de ma fille (8 ans). Je lui ai déjà appris callipyge (et stéatopyge), stercoraire, procrastiner…et là je sèche un peu.

Gilles (2007-01-29T08:50:18Z)

Bonjour,
La chance souris aux audacieux.
Je me couviens que j'avais fait aussi fort que toi , moi je citais les noms de mes potes :Conclusion 13 au bac et en spé pour les concours 13.5 (en moyenne); 0.5 de plus !! Mes amis étaient donc trés connu et de trés bons philosophes.Je te laisse conclure.Pour moi les dissertes de Philo (il y a 17 ans déjà …pfuuuu) n'étaient que du pipo en je vois qu'avec les années rien à changer.

Nick (2007-01-28T21:41:18Z)

15, pfouu… c'est nul. J'ai eu 5 en ne restant qu'une heure. Alors 15 en y passant 4 heures, c'est vraiment petit joueur.

J'ai toujours pensé que la dissert etait un affaire de connards pretentieux et je suis heureux de constater qu'un erudit capable d'entourlouper le correcteur (i.e. celui qui detecte les connards pretentieux pour leur foutre une bonne note) arrive a la meme conclusion…

Ben (2007-01-28T21:22:23Z)

Tiens, c'est curieux, autant les intentions que la méthode d'écriture me font plutôt penser à un article d'Alan Sokal qui fut publié dans la revue Social Text <URL: http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Sokal >

Chercheur de blog intelligent. (2007-01-28T21:02:01Z)

Tu pourrais peut-être maintenant postuler pour un poste de sociologue au CNRS - bien entendu il faudra rajouter des tableaux statistiques …

de passage (2007-01-28T20:12:52Z)

En ce qui me concerne, j'ai récemment rendu aux concours une dissertation mûrement réfléchie, avec plein de vraies idées dedans, et pas trop mal exprimées je crois, qui n'a obtenu qu'une note très moyenne… Alors que d'autres, qui étaient complètement creuses et pipotées, ont enthousiasmé les correcteurs. J'avoue en effet tomber parfois dans les mêmes excès littéraires que l'auteur de ce blog, dont je partage en gros l'analyse. Cependant, je ne crois pas que l'exercice de dissertation, qui est l'un des supports privilégiés de la pensée occidentale, soit mauvais en lui-même, bien au contraire. Reste toutefois à déplorer l'incompétence de certains correcteurs.

Baptiste (2007-01-28T17:35:39Z)

Tout cela me rappelle "Feu Pâle" de Nabokov, l'histoire d'un professeur de lettre aux Etats-Unis (immigré d'origine centre-européenne) qui invente le commentaire fou d'un poème épique délirant… Lire cela m'a décomplexé (puisque Nabokov s'amuse, en écrivain, à se moquer des commentaires littéraires, et, par extension, des prétentions philosophique de l'essai ou de la dissertation).

Ruxor (2007-01-28T16:45:41Z)

Aucun rapport avec les peluches. J'avais écrit ce rant dans un forum au cours d'une discussion sur les dissertations, et je me suis dit qu'il pouvait être reproduit sur mon blog.

Le Monsieur (ou la Dame…) sur la photo floutée est un blending de personnages connus. Mais on est prié de commenter les entrées au bon endroit. ;-)

Fr. (2007-01-28T16:45:02Z)

Toute mon année de Terminale, j'ai utilisé un anagramme du nom de mon prof de philo pour inventer des citations vaseuses. Ca n'a rien de donné de spectaculaire au bac.

delek (2007-01-28T16:38:57Z)

C'est connecté avec les peluches, ou c'est une association/régression? ou autre chose? et c'est qui le monsieur sur la photo floutée??


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