Comments on Comment faire la Révolution — ou pas

Patrick (2006-04-03T11:31:38Z)

Sur 86 : c'est d'ailleurs à ces manifestations de 86 (et de 68 bien sûr) que fait référence le livre de Luc Ferry et Alain Renaut :
68-86, Itinéraires de l'Individu.

Arcimboldo (2006-04-01T19:43:44Z)

Occuper un lieu public n'a rien de crétin et se produit tous les jours en France. C'est la destination d'un lieu public d'être ouvert aux citoyens du pays dans des conditions déterminées. Réprouver cette occupation, c'est exprimer un déficit de démocratie qu'il est possible de désigner et de caractériser. Là est le problème, ou, pour écrire comme vous, hic jacet lepus.

Patrick (2006-03-27T09:22:54Z)

Que fait un geek anti-CPE pour exprimer son opinion ?

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Nick (2006-03-22T15:42:39Z)

En 1986, il y a eu des manifs contre la loi devaquet (<http://fr.wikipedia.org/wiki/Alain_Devaquet>) qui ont fait un mort parmi les etudiants.

Ruxor (2006-03-22T09:14:08Z)

Si, peut-être. Il y a eu des manifestations en 1986 ?

bli (2006-03-22T08:45:11Z)

dans "x=1968" sur un mur, le x n'était-il pas 1986, par hasard ?

Laurent (2006-03-19T22:20:11Z)

Thomas, si jamais un jour " on se dirige ainsi vers un futur où les gens attendront tranquillement dans leur hamac qu'on vienne leur apporter leur salaire", cela voudra simplement dire que la France sera devenu la plus grande puissance économique.

Thomas (2006-03-19T21:20:15Z)

En France, dès qu'on retire un droit, augmente les impôts, etc., tout le monde sort dans la rue pour gueuler). C'est compréhensible mais il faut bien voir que si la France ne veut pas devenir une nation obsolète sur le plan économique, il faudra bien agir un jour où l'autre dans un sens qui ne sera pas celui qui plait au peuple.
Mais j'ai l'impression qu'en France tout est bloqué, tout droit donné ne peut jamais être retiré et on se dirige ainsi vers un futur où les gens attendront tranquillement dans leur hamac qu'on vienne leur apporter leur salaire.

En plus, il faut dire que c'est vraiment la mode chez les jeunes de s'opposer au gouvernement. Je ne dis pas que le CPE est bien ou pas, mais en tout cas j'ai constaté que beaucoup de ceux qui manifestent le font parce que (je cite) "ha bah on m'a dit que c'était pas bien".
Combien ont vraiment lu les textes et se sont renseignés réellement sur ce qui existait avant ? (ça me semble être la moindre des choses avant d'aller manifester …)

Nick (2006-03-18T22:23:07Z)

Il y a bien un moyen de lutte novateur, voter LCR aux presidentielles. Comme ca en plus, le jeune peut faire 15 jours de manifs entre les deux tours pour dire qu'il n'aime pas le fachisme.

Bon, je suis cynique. Ce CPE est vraiment une betise qui n'apporte rien par rapport a ce qui existe et que dimimue les droits (par rapport a un CDD (ou on connait les dates de fin + la prime de 10%) et un CDI) existants du salarie sans aucune contre-partie.

Damien (2006-03-17T19:59:32Z)

Content de t'aider à y voir plus clair ;-)

Effectivement, le problème de la liberté individuelle me semble un meilleur argument. Mais là encore, on peut répondre que c'est souvent le cas: on force les gens à payer des impôts, on force les gens à ne pas consommer de drogue, etc. et au pire c'est le Roi qui décide, au mieux, c'est la majorité, avec certaines limitations.

Alors après, le droit à travailler, à étudier, etc., c'est sûr, et c'est d'ailleurs pour ça qu'un blocage d'usine est illégal. L'idée malgré tout, je suppose, c'est que la fin justifie les moyens, et c'est parfois vrai. Et puis on pourrait dire aussi que le chômage, le coût des études, et toutes sortes de maux qui frappent notre société, la pauvreté, etc., sont des atteintes bien plus graves à ces droits, qui ne scandalisent plus grand monde.

Quant à l'effet d'une grève étudiante sur le gouvernement, il existe, malgré tout, même si ça n'est pas aussi direct que sur un employeur. Ca passe par l'opinion, un peu comme une grève de la faim ultra-light (mais avec beaucoup de monde). Et je trouve qu'il y a même une certaine logique: "on étudie pour trouver du travail, votre mesure rend ce futur emploi trop précaire, à quoi ça sert qu'on continue nos études ?". Et il y a le fait tout simple de libérer du temps pour faire des manifs, et organiser d'autres actions.

Bon, mais je suis moi aussi inquiet des conséquences de tout ça, hein! Pour les étudiants, pour les chercheurs, pour les kiosques à journaux… Je ne sais pas si c'était LA bonne stratégie, et j'espère en tout cas que ça ne va pas se prolonger (et que Villepin va revenir en arrière : au-delà de la question du CPE, un échec du mouvement maintenant aurait des effets dépressifs trop graves, je trouve, sur… pas mal de choses).

Et j'arrête un peu de spammer ton blog :-)

P.S. quelques étudiants anars de la Sorbonne ont occupé le 46 rue d'Ulm, aujourd'hui, me dit-on, mais c'est fini.

Ruxor (2006-03-17T17:45:01Z)

Ah ben voilà, Damien, tu mets le doigt exactement sur le truc qui me gêne : « forcer les gens à faire grève ». Merci de m'aider à y voir plus clair. Parce qu'autant je défends complètement le droit de grève, autant le droit de forcer les autres à faire grève, ça me semble moralement et politiquement indéfendable, même si la majorité est pour la grève — ce n'est pas quelque chose que la majorité doit pouvoir imposer à la minorité. C'est quand même un des points importants que la politique semble avoir dégagée au cours du siècle dernier, que les minorités ont *aussi* des droits, et que la majorité, toute majorité qu'elle soit, ne peut pas les bafouer comme ça ; et le droit de travailler ou celui d'étudier ils sont constitutionnels dans notre pays, donc ça fait mauvais genre de s'asseoir dessus. Surtout quand on reproche justement au gouvernement ses méthodes et son ignorance de ce genre de droits !

(Sans compter que les assemblées générales où on vote pour savoir si on poursuit la grève sont à peu près autant une caricature grotesque de démocratie que <insérer ici un point Godwin ou Stalwin quelconque>. Mais à la limite, peu importe : même si elles étaient parfaitement démocratiques, je ne vois pas ce qui autoriserait la majorité à décider pour la minorité.)

Et en l'occurrence, pour les étudiants, la forme de la grève me paraît particulièrement stupide, comme f3et le signale. Parce que l'ouvrier qui fait grève en faisant chier son patron pour protester contre son patron, c'est bel et bien. Mais là, les étudiants qui font grève, ils ne font pas chier le gouvernement (OK, ils le font chier quand ils jettent des chaises sur les CRS, ce que je condamne pour d'autres raisons, et quand ils manifestent, ce que j'approuve), ils font chier leur fac, et comme ça d'une ils se tirent une balle dans le pied à eux-mêmes, et de deux ils tirent une balle dans le pied des chercheurs, qui n'avons rien demandé à personne et qui sommes pris entre le marteau des étudiants et l'enclume du gouvernement, et ça fait mal, et les deux parties n'en ont visiblement rien à foutre de causer du tort à la recherche…

Damien (2006-03-17T17:27:10Z)

Je ne reprends pas tous les points qui me paraissent très mal assurés dans ton post (sur 68 notamment, sur le caractère aléatoire des manifs, sur les dégâts à la Sorbonne, sur l'inimportance du CPE, etc.), mais sur cette question de l'utilité des occupations de facs, quand même, tu es un peu à côté de la plaque. Tu ignores tout des mouvements sociaux, de leurs problèmes et de leurs stratégies ? Des piquets de grève ?

A la base, faire grève, c'est coûteux pour tout le monde (en entreprise comme à la fac), donc pas très réjouissant. Et si on peut avoir un intérêt collectif à ce qu'une grève ait lieu, on a un intérêt individuel à ne pas être gréviste. Pour lancer le mouvement, il est donc *extrêmement efficace* de forcer les gens à faire grève (=bloquer) quitte à organiser ensuite des votes, plus ou moins démocratiques, certes, pour vérifier que le mouvement est bien soutenu par une majorité. D'ailleurs, ça rejoint ce que dis le gars de l'UNEF, dans le sens où il s'agit bien d'un problème de coordination: "je fais rien tout seul, mais si tout le monde le fait, alors d'accord (parce que je risque moins pour mes exams)". Sans parler du fait qu'on trouve dans la fac des ressources (des grandes salles chauffées, basiquement) pour organiser le mouvement. Pour quelque chose d'aussi spontané et fragile qu'une mobilisation comme ça, ces détails-là, ça compte beaucoup.

Tous les mouvements de ce genre en passe par là, c'est classique, c'est quasiment normal, je dirais, et, oui, c'est efficace.

Quant à l'occupation du Collège de France, ça n'a clairement pas grand chose à voir, ni dans les objectifs, ni dans la manière dont ça c'est déroulé, avec les occupations de fac.

f3et (2006-03-17T17:13:13Z)

Bon, si on en est là, il faudrait peut-être aussi se demander à quoi sert la grève… Conceptuellement, c'est quand même une arme destinee à priver le patron de sa force de travail, donc de sa plus-value. Que les syndicats n'aient jamais trouvé mieux (ou du moins plus pertinent), c'est prévisible, mais les étudiants, générations après générations, ça déçoit un peu…

Ruxor (2006-03-17T15:51:08Z)

Moui, alors là j'incrois assez fortement. Occuper le Collège de France ça sert à éviter de rater des séances des cours magistraux, alors ? Et les lycéens qui ont le bac à la fin de l'année / les taupins qui passent les concours des grandes écoles / les gens qui préparent le CAPES ou l'Agreg / whatever, ils s'imaginent que les jurys vont tenir compte des jours d'occupation de la Sorbonne et de Jussieu ? Bon, c'est vrai que le bac 68 a été donné à tout le monde, mais pour le reste…

Touriste (2006-03-17T13:59:28Z)

«Qu'est-ce que ça change, concrètement, d'occuper la Sorbonne, Jussieu ou quidlibet, par rapport — disons — à se retrouver simplement tous les jours devant ?»

Je ne comprenais pas moi non plus jusqu'à aujourd'hui, mais justement dans Libé de ce matin ( <URL : http://www.liberation.fr/page.php?Article=367796 > ) une explication est fournie par Bruno Julliard, président de l'Unef, je cite : «Un blocage n'est pas une finalité, c'est un moyen d'action qui protège les grévistes : ils ne sont pas pénalisés s'ils ratent des examens ou des cours».

Ruxor (2006-03-17T13:05:09Z)

Ben comme je viens de dire, en ce moment, rentrer dans l'ENS ce n'est pas facile, mais alors pas facile du tout.

Anonymous Coward (2006-03-17T12:48:29Z)

Et sinon l'ENS dans sa grande bonté n'accueillerait pas des étudiants de Paris 6 en perdition ??

Vicnent (2006-03-17T10:36:10Z)

j'adhère complétement à ton raisonnement.
J'ajoute que si on regarde le CPE par rapport à l'intérim, par exemple, je comprendrais que tous veuillent qu'on retire l'intérim de fait. Or ce n'est pas le cas, ce qui me parait absurde.
Je pense qu'en fait, on a dans les manifestants bcp de guignols qui sont contents de faire la foire dans la rue tout en séchant les cours. (et qui ne doivent rien connaitre du fond du CPE)
D'autre part, et j'ai l'impression que c'est bien français, ces derniers étant quand même assez conservateurs, il faudrait laisser du temps au temps. "On essaie qqch ? ok ! et voyons dans 6 mois ou un an…" Mais non, malheureusement…


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