Comments on Des (vrais) chiffres sur la vente des CD

phi (2006-01-04T17:26:00Z)

c'est quand même spécieux de considérer que seul l'auteur doit être rémunéré; si c'était si simple, il y aurait bien davantage de maisons indépendantes. On ne peut pas à la fois vouloir la diffusion de masse asurée par le matraquage publicitaire (à la TV, même!) et s'étonner de ce que cela absorbe une part énorme des revenus. Ce problème est général, jusque pour les groupes humanitaires. C'est cette pub qui fait acheter, pour avoir et en second lieu seulement voir/écouter. Et là, on veut le véritable objet, pas une copie.
Il y a une déformation de la notion de contrefaçon, qui s'applique au commerçant escroc qui vend des chemises qui arborent indûment un crocodile ou assimilé (la jurisprudence proscrit aussi les alligators), non pas au particulier qui brode lui-même un reptile crocodilien. D'ailleurs, il me semble que les brevets n'interdisent nullement l'imitation par bricolage à usage individuel mais seulement l'industrialisation. Va-t-on aussi, avant de préparer un plat cuisiné, devoir se renseigner auprès du bureau ad hoc si la recette n'aurait pas été déposée?
Effectivement, il n'est pas évident du tout que la copie semi-publique, fût-elle immorale, occasionne des pertes (cf. les articles cités). Or un principe de base est que, pour qu'il y ait plainte, il doit y avoir préjudice pour le plaignant. les associations de défense se voient ainsi accorder spécifiquement le droit de se porter partie civile pour une victime. Même lorsqu'il y a délit, la dénonciation n'est pas forcément retenue (eg, si vous photographiez une voiture en stationnement interdit).
Et cette copie semi-publique est un contrepoids à des pratiques commerciales douteuses. Si le CD ne contient même pas la notice sur l'oeuvre, comment s'étonner qu'il soit copié? Si on regrette l'achat d'un autre CD qui ne comportait pas les références de son exécution, ou la liste de son contenu, cela ne peut que rendre réticent à acheter la fois suivante. Elle pénalise peut-être les œuvres rares car Internet permet de rechercher sur une large population, mais cela incite aussi à acheter, ne serait-ce que pour échanger. Elle pénalise surtout les tubes en élevant le seuil de motivation d'achat mais le seuil était déjà troop élevé pour certains. Ce qui est gênant pour les magnats, c'est la copie facile pour les masses. J'avoue que ça ne me déplaît aucunement: j'ai toujours trouvé pour le moins déprimant qu'on puisse gagner des millions en abrutissant les gens encore davantage.

Ruxor (2006-01-04T15:03:53Z)

Natura non facit saltum (2006-01-04T14:25:32Z)

>De quoi s'énerver un bon coup : ce délicieux pamphlet publié aujourd'hui sur Libération <URL: http://www.liberation.fr/page.php?Article=348302 >

On y lit notamment:
"Au nom de quoi faudrait-il autoriser pour la seule musique une consommation illimitée mais un paiement forfaitaire, puisque telle est votre proposition ?"

J'avoue que j'ai du mal a comprendre ce qu'il veut… Acheter un CD et l'ecouter en boucle, ce n'est pas une "consommation illimitee mais un paiement forfaitaire"?

f3et (2006-01-03T18:40:13Z)

De quoi s'énerver un bon coup : ce délicieux pamphlet publié aujourd'hui sur Libération <URL: http://www.liberation.fr/page.php?Article=348302 >

nycboy (2006-01-03T12:27:22Z)

Je crois que l'explication de Fred est la plus plausible, j'avais effectivement lu une étude qui comparait la relative baisse du marché de la musique avec l'augmentation des ventes de DVD, notamment musicaux.

Nick (2006-01-03T11:00:40Z)

Je tiens la vraie explication! Tout ca c'est de le faute a Jean-Marie Messier. Le debut de la chute ccorrepond a son entree en scene, et la fin de la chute correspond a son ooubli complet…

Fred (2006-01-03T10:50:07Z)

Il y a aussi un autre phénomène qui explique la baisse de vente de CDs.
La période de baisse correspond aux années où les ventes de DVD ont explosé.

Comme les gens ont un budget pour ce type de loisir qui n'est pas extensible à l'infini, on peut tout simplement dire que la musique s'est fait piquer des parts de marché par les films (ce qui n'empêche pas les marchands de DVD de crier au loup aussi alors que leurs ventes ont décollé en même temps que le nombre d'utilisateurs du p2p, allez comprendre …).

Cyrille (2006-01-03T07:09:47Z)

L'explication la plus convaincante que j'ai entendue pour la baisse de l'achat de CD reste que les gens ont simplement fini de transformer leur stocks de cassettes et disques vynils en stock de CD. C'est donc plus un retour à la normale qu'une baisse. Il faudrait trouver les ventes de musique avant l'arrivé des CD pour comparer.

Le seul vrai danger, à mon sens, que représente Internet pour la distribution classique, c'est que les gens, exposés à une offre large et variée de musique sur Internet, en viennent à adopter des goûts plus écclectiques et du coup à dédaigner la soupe préformatée issue du marketing des maisons de disque. On peut comprendre que certains soient effrayés à l'idée d'une population de consommateurs aux goûts avertis.


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