Comments on La facilité à entretenir la conversation

Anonymous Coward #1359 (Rrose) (2004-08-31T10:57:05Z)

Ca me rappelle quand je me retrouvais à la même table que certaines personnes de mon labo de thèse (souvent d'ailleurs essentiellement par politesse) et que la conversation restait désespérément éteinte malgré tous mes efforts… Quelle plaie.

J'ai l'impression qu'effectivement il y a des gens très peu bavards de nature, ou qui n'ont pas envie de parler à un instant donné, dans d'autre cas ça doit juste être une question d'"atomes crochus". Je ne sais pas trop à quoi ça tient d'ailleurs, je me souviens par exemple d'une thésarde du labo en question avec qui j'avais assez peu en commun a priori (ni le même domaine, ni la même origine, ni la même situation familiale, etc.) et pourtant on pouvait papoter assez longuement de tout et de rien en attendant le bus ou le métro (je regrette d'ailleurs de ne même pas avoir noté son nom…) Et il y a sans doute aussi des gens qui peuvent quasiment entretenir une conversation à eux tous seuls (je pense par exemple, au bâtiment 430, à un certain thésard italien de Pierre P… Garçon très sympathique d'ailleurs, mais dans le genre "je parle beaucoup et avec les mains" on le reconnaît de loin !)

Ruxor (2004-08-24T18:58:03Z)

Touriste → Tu n'es pas le premier à signaler ça, et effectivement, je pose rarement des questions sur mon interlocuteur. C'est en partie par timidité (genre, zut, je n'ai pas fait attention pendant quelques minutes / il a déjà dû me donner la réponse à cette question / ça devrait sans doute être évident / etc.), mais aussi en partie à dessein : j'aime bien que les gens se racontent, mais c'est à eux de trouver sur quoi rebondir pour parler d'eux-mêmes, histoire de ne pas les presser sur ce qui ne les intéresse pas forcément le plus, mais de leur laisser trouver un angle d'approche qui leur convient. Apparemment, tout le monde ne saisit pas le signal, il faut croire. Note aussi que c'est toi qui avais demandé à me rencontrer, donc c'était sans doute attendu que ce soit toi qui poses le plus de questions. En revanche, une fois qu'un sujet est lancé, quand il m'intéresse à peu près, je sais généralement le faire continuer en posant les bonnes questions.

ln (2004-08-24T18:25:48Z)

Hmmm, la corrélation être à l'aise/parler n'est pas toujours évidente, même si on risque moins de discuter avec des gens avec qui on se sent mal (ie?) et là, le temps peut effectivement jouer un rôle. Les gens "intrinsèquement taciturnes et rêtifs à la conversation" le sont-ils quelles que soient les circonstances ?

Tiens un touriste (2004-08-24T17:57:02Z)

Embrayant sur ce post, je vais essayer de tirer quelques enseignements des échanges que nous avons eus quand nous nous sommes rencontrés l'été dernier.

Voici une tentative de reconstitution de la façon dont mon cerveau gérait la conversation.

"Bon il me faut trouver une autre banalité pour faire avancer la conversation «Et tu t'intéresses aux élections canadiennes ?» - c'est quand même frappant il ne relance _jamais_ la conversation en me demandant à son tour une banalité sur mes goûts ou mes activités. Est-ce le signe qu'il s'emmerde ? Ne devrais-je pas brusquement feindre de se souvenir que j'ai laissé des pâtes sur la gazinière et que je dois rentrer d'urgence ? Non, ne soyons pas paranoïaque, j'interprète mal. Peut-être simplement est-il _encore_ plus incompétent que moi pour faire la conversation. Mais ça semble totalement impossible, je suis déjà un recordman en la matière. Donc ce n'est pas ça. Ou alors il y a un signal plus subtil : ne me poser aucune question sur moi, c'est faire passer le message «Je nie ton existence, tu es assimilable au zéro». Non là je suis totalement paranoïaque ; la rationalité élémentaire me dit que c'est totalement impossible. Alors il s'emmerde ? Serait-il de mon devoir de mettre fin à la conversation ? Ah là c'est lui qui prend l'initiative d'une question… «C'est qui cet Ambroise Thomas, dont voilà la rue là ?» Beuh un politicien du début du XXème siècle non ? [Une recherche dans un dictionnaire deux heures plus tard me montrera que pas du tout c'est un compositeur d'opérettes et que donc je réponds n'importe quoi et, indépendamment du fait qu'on me prenne ou non pour un zéro, je _suis_ un zéro. Oh une nouvelle recherche à l'occasion de l'écriture de ce commentaire m'informe que j'avais confondu avec Albert Thomas et suis donc à moitié excusable]. Bon à moi de relancer la conversation «Tu vas beaucoup dans ton bureau à Orsay ?» (Mais quel intérêt ça a ça ??) [Poursuite de l'alternance entre "on veut me faire sentir que je suis un zéro" - "il s'emmerde" - "il est simplement incompétent pour la conversation"]. Bon sang encore à moi de trouver quelque chose à dire «Je ne digère plus le lait depuis l'âge de 35 ans». Oh là là je suis du niveau de <URL: http://www.bide-et-musique.com/song/4605.html >, qu'est-ce que je dois l'emmerder le pauvre. (Ad libitum)"

Et quelques enseignements :

* pour Ruxor. Si tu t'emmerdes, il doit être possible avec habileté de faire cesser ton supplice plus vite. Si tu ne t'emmerdes pas, il est maladroit d'émettre des signaux qui peuvent être faussement interprétés par un interlocuteur vaguement paranoïaque. Notamment une vague tentative de symétrisation de la conversation (poser quelques questions personnelles très banales à l'interlocuteur en réponse à des questions analogues) aide certainement à mettre l'autre partie plus à l'aise.

* pour moi, mais peut-être aussi pour Ruxor à la relecture du post cité par lui-même (lien intitulé "mutisme le plus désespérant") : augmenter un peu ma confiance en moi et ne pas interpréter à peu près tout signal difficile à interpréter comme renvoyant à mon incompétence.

Anonymous Coward #1352 (Persano) (2004-08-24T11:10:46Z)

Il existe des gens qui sont, effectivement "intrinsèquement taciturnes et rêtifs à la conversation", j'en suis absolument persuadé, sans prétendre pouvoir commencer à trouver un début de tentative d'explication à ce comportement. Je ne parle pas pour moi, je tiens à le préciser… Sinon, il y a certainement d'autres raisons, le fait d'être plus ou moins rapidement "bien" ou "à l'aise" avec telle ou telle personne doit en être une.


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