David Madore's WebLog: En bref, en vrac, et sans images

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(lundi)

En bref, en vrac, et sans images

Quelqu'un joue la Lettre à Élise à la station Châtelet (du côté des quais de la ligne 7). Enfin, quand je dis, joue la Lettre à Élise, je veux dire dix mesures de ce morceau répétés ad lib, et ça, c'est vraiment pénible, vraiment de quoi s'en dégoûter (si par hasard ce n'était déjà fait).


Je trouve pénible l'utilisation intransitive de plus en plus fréquente du verbe consommer. On consomme quelque chose, bordel, on ne peut pas juste consommer, ça ne veut rien dire. Le seul usage de consommer intransitif qui figure dans mon dictionnaire, c'est pour dire consommer une boisson dans un café ou un bar, genre prière de ne pas consommer sur la terrasse. Mais quelqu'un, et j'aimerais bien savoir quand, et surtout qui, a manifestement pris le mot consommateur pour former l'expression société de consommation (qui ne veut pas dire grand-chose) puis consommer utilisé absolument. D'où la nouvelle pub parfaitement creuse de Carrefour, mieux consommer, c'est urgent, sur laquelle des militants anti-pub ou anti-quelque-chose-je-ne-sais-pas-quoi-au-juste graffitent arrêtez de consommer ou autres slogans eux aussi dénués de sens et de grammaire. Le pire, c'est que je n'ai toujours pas compris ce qu'on voulait dire par là, ça a l'air vaguement synonyme de acheter puis jeter mais ce n'est pas complètement clair, peut-être que c'est tout simplement synonyme de être un acteur de l'économie d'une société plus ou moins capitaliste sauf que dans ce cas je ne vois pas comment on peut mieux ou moins consommer. Passons.


Les restaurants japonais fleurissent à Paris comme des champignons. Je me rappelle d'un temps où c'était encore une rareté, maintenant ils sont partout. Et surtout dans le Marais, qui n'est plus tant le quartier pédé de Paris que le quartier des restaurants japonais (mais nettement moins authentiques que ceux de la rue Saint-Honoré). Remarquez, j'aime bien la cuisine japonaise (sauf qu'en matière de poisson cru je n'aime que le saumon, pas du tout le thon rouge, et parfois c'est un problème). Je crois surtout que les gens sont pressés pressés pressés et que le restaurant japonais répond bien à cette volonté de vitesse (tout en restant de meilleure qualité que le fast food).


Parlant de cuisine asiatique, nos enquêteurs s'interrogent encore sur la façon correcte d'écrire le mot biryani, qui désigne ce plat indien formé de riz aromatisé mélangé à de la viande, du poisson ou des légumes. Un locuteur de hindi interrogé sur le sujet a écrit बिरयानी, ce qui se transcrit birayānī. Je trouve le premier a très bizarre et je me demande s'il ne voulait pas plutôt mettre बिर्यानी, ce qui se lirait biryānī (en conformité avec la transcription que donne le American Heritage Dictionary of the English Language), mais on voit mal comment il a pu confondre vu qu'en alphabet nagari ça donne une écriture vraiment différente (ce que vous devriez constater si vous avez des polices indiennes correctes installées sur votre ordinateur et un bon navigateur — ça fait beaucoup de si, tout ça). Un serveur dans un restaurant indien a écrit le mot pour nous, mais c'est en tamoul, et ça donne புரியாணி, ce qui se transcrirait puriyāṇi (notez le point sous la n). Pas très ressemblant (la transformation du b en p est logique vu que le tamoul n'a pas de [b], mais je suis perplexe quant à la nature du n vu que toutes les langues indiennes sont censées distinguer nettement le n dental du n rétroflexe — et les langues dravidiennes comme le tamoul ont même une troisième sorte de n). Normalement, quand on a un doute sur une orthographe, on regarde dans Google, mais aucun de ces mots ne renvoie le moindre résultat ni même une suggestion de correction : je trouverais quand même vraiment stupéfiant que personne n'ait jamais écrit une page en hindi, ourdou ou tamoul contenant le mot biryani ! Apparemment le mot est d'origine persane, en fait, mais ça ne m'aide pas trop.

Quand je saurai pour le biryani, je chercherai à apprendre comment on écrit correctement tikka masala.


Il y a place Jussieu (devant le campus), chaque vendredi soir (enfin, peut-être d'autres soirs aussi, c'est juste que c'est le vendredi soir que j'y passe pour aller à >Dégel!), un rassemblement de gens à l'allure pas très fréquentable (disons Punk&Oi, en gros), un peu semblable à ce qu'on devait pouvoir trouver autour de Leicester Square au summum des années '80. (Hum, je vous ai parlé de mon fantasme #299792458, au-dessus des racailles mais en-dessous des skateurs ? Ah oui, c'est vrai, je radote.) Je trouve ça amusant. Ils ont un look qui peut faire peur et ils se gueulent dessus, mais en fait je suis assez sûr qu'ils ne sont pas méchants du tout (sauf qu'ils sont vite bourrés, et là ça doit dégénérer assez facilement).


Tagalog, Hanunoo, Buhid, Tagbanwa : non, ce n'est pas une formule magique, ce sont les noms de quatre alphabets qui se suivent dans Unicode.

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