From madore@news.ens.fr Path: eleves!not-for-mail From: madore@news.ens.fr (GroTeXdieck) Newsgroups: ens.forum.sciences.maths Subject: Re: Partitionnement du plan Date: 11 Oct 1999 22:37:34 GMT Lines: 45 Sender: madore@clipper.ens.fr Message-ID: <7ttore$bv3$3@clipper.ens.fr> References: <7ttftc$1eu$1@clipper.ens.fr> <7ttg69$1rk$1@clipper.ens.fr> <7tth9t$3a7$1@clipper.ens.fr> NNTP-Posting-Host: clipper.ens.fr Mime-Version: 1.0 Content-Type: text/plain; charset=ISO-8859-1 Content-Transfer-Encoding: 8bit X-Trace: clipper.ens.fr 939681454 12259 129.199.129.1 (11 Oct 1999 22:37:34 GMT) X-Complaints-To: forum@clipper.ens.fr NNTP-Posting-Date: 11 Oct 1999 22:37:34 GMT X-Newsreader: Flrn (0.4.0 - 07/99) X-Wisdom-Of-The-Day: honesty can't help avoid the essence of rage Xref: eleves ens.forum.sciences.maths:880 (Note : « dénombrable » signifie « au plus dénombrable ».) L'ensemble des disques est dénombrable puisque chacun contient un point dont les coordonnées sont rationnelles et qu'un tel point ne peut se trouver que dans un disque au plus. (Hip !) Donc ton segment est censé être partitionné en un nombre dénombrable strictement supérieur à 1 de segments, éventuellement réduits à des singletons. Or ça c'est impossible (il y a plein de raisons possibles, l'une d'elle sera donnée ci-dessous, mais elle torsche directement le problème de départ sans passer par la construction de Gaëtan). (Hop !) On sait en fait qu'on ne peut pas écrire un segment, la droite ou le plan comme réunion d'un nombre dénombrable strictement supérieur à 1 de fermé deux à deux disjoints (ceci permet soit de conclure quant au truc du segment soit, modulo ma première remarque, de torscher le problème de départ). Mieux, voir Nicolas Bourbaki, Topologie Générale, chapitre IX, page 113, exercice 12 de la section 5, « un espace totalement inépuisable, connexe et localement connexe ne peut pas être réunion d'une suite infinie de fermés non vides et deux à deux disjoints ». (Un espace totalement inépuisable, c'est un espace dans lequel aucun fermé non vide n'est maigre relativement à lui-même ; le théorème de Baire montre qu'un métrique complet ou bien un espace localement compact est totalement inépuisable.)  Démonstration. Si Fn sont les fermés en question, Hn leurs frontières, H la réunion des Hn, les Hn sont fermés et H aussi (car son complémentaire est la réunion des intérieurs des Fn) ; or H n'est pas vide (car aucun des Hn ne l'est, par connexité) ; donc pour arriver à une contradiction il suffit de montrer que H est maigre relativement à lui-même. H étant la réunion des Hn, il suffit de montrer que Hn est rare (i.e., s'agissant d'un fermé, d'intérieur vide) dans H ; or sinon il existerait un voisinage V qu'on peut supposer connexe (par locale connexité) d'un point x de Hn dont l'intersection avec H soit incluse dans Hn. Mais V doit rencontrer un Fm avec m différent de n (car x est à la frontière de Fn), et comme V ext connexe et qu'il rencontre Fm et son complémentaire, il rencontre aussi Hm (Bourbaki, TG, I, p.81, prop 3), contradiction. Curieusement, ce problème revient périodiquement sous diverses formes, et tout le monde semble ignorer l'énoncé général ci-dessus. Dans le cas du problème d'agreg, bien sûr, on ne pouvait pas utiliser ce truc car l'ensemble des cercles n'avait aucune raison d'être dénombrable.