Comments on De la difficulté de refuser une thèse

Karen35 (2017-03-04T03:20:15Z)

Je n'ai jamais pu soutenir ma thèse… une thèse rédigée il y a plus de dix ans.
Mon directeur de thèse avait été exclu de l'Université et mon travail a été repris par deux autres professeurs.
Cependant leur orientation était très différente de celle de mon professeur initial.
Du coup trois dates de thèse fixées mais annulées car à chaque fois la signature d'un rapporteur sur deux!
Carrière fichue. Et pourtant j'ai assumé des fonctions d'ATER dans deux facultés "étrangères"…
J'ai écrit au ministère de l'enseignement supérieur de l'époque. Silence Radio. Je regrette de ne pas avoir porté mon affaire en justice… et bien sûr de ne pas avoir tenté de soutenir ma thèse dans un autre pays francophone.
L'université, c'est comme le privé : enjeu de pouvoirs… et je vous laisse deviner le reste.

administration (2016-09-04T07:13:58Z)

Bonjour,
Je suis un directeur de thèse d’un étudiant. J’ai donné beaucoup de mon temps et d’énergie pour que sa thèse soit parfaite. 6 semaine avant la soutenance je m’aperçois qu’il a envoyé aux rapporteurs une version de son manuscript qui est totalement différente de celle qui m’a communiquée et que j’ai corrigé dont j’attends toujours les corrections. Brefs, pour coronner tout cela, il a envoyé un message, très humiliant à mon égard avec beaucoup d’insultes à l’école doctorale et au
directeur du laboratoire. Je ne cherche pas à faire des histoires et je tiens que cet étudiant soutient sa thèse puisque 4 ans de mes efforts sont attribuées à cette thèse. Je compte sur vos conseils.

Cheveusurlasoupe (2016-08-10T19:14:03Z)

Pifothèse très probable…

Ruxor (2016-08-09T22:40:30Z)

@Cheveusurlasoupe: Mon impression à moi (basée sur pas grand-chose d'autre que mon pifomètre, certes) est que par rapport aux sciences humaines, les sciences dures souffrent effectivement de plus de problèmes de course à la rentabilité (sauf peut-être les maths pures), mais en revanche de moins de problèmes de luttes de pouvoir et de carrière. Après, c'est difficile d'avoir une vue d'ensemble, la situation peut varier énormément d'une discipline à l'autre, voire d'une sous-discipline à l'autre, et d'un labo à l'autre.

Cheveusurlasoupe (2016-08-09T22:13:15Z)

Merci Ruxor pour ces informations.
Je les ai transmises à la personne concernée.
Ce serait une bonne chose déjà d'avoir un document écrit.
J'ai fait mes études en sciences humaines. À croiser les récits que j'ai entendu avec mes amis physiciens, j'ai comme l'impression que les sciences dures sont plus parasitées par des enjeux extra-universitaires de rentabilité et de pouvoir.
On va voir ce que ça donne…

Ruxor (2016-07-27T09:14:28Z)

@Cheveusurlasoupe: C'est une question à poser sur academia.stackexchange.com et aux représentants syndicaux (par exemple, la confédération des jeunes chercheurs, qui a l'air très au point), mais bon, il ne faut pas s'attendre à ce qu'il y ait une réponse vraiment satisfaisante : le directeur d'école doctorale était clairement la bonne personne à qui s'adresser, alors s'il soutient inconditionnellement le directeur de thèse, c'est mal parti (il y avait aussi dans le temps quelqu'un appelé « délégué aux thèses », mais je ne sais pas si cette fonction existe encore, et quel titre elle a maintenant). Les détails dépendent certainement de l'établissement et du type de contrat, mais je soupçonne que juridiquement il y a moyen d'obliger l'école doctorale à fournir une réponse (autorisation ou non à soutenir), mais pas de possibilité d'attaquer ensuite cette réponse sur le fond, à part politiquement (menacer de répandre l'information que ce laboratoire reçoit des thésards et les jette juste à la fin sans les avoir prévenu à l'avance qu'il y avait un problème) ; le jury de soutenance aurait de toute façon le pouvoir de refuser la délivrance du diplôme. La rigidité du système nuit à la fois aux directeurs de thèse qui sont empêtrés avec un thésard fumiste et aux doctorants qui sont empêtrés avec un directeur de thèse malhonnête, c'est con.

Cheveusurlasoupe (2016-07-26T20:55:11Z)

Bonjour,

Je me permets de débarquer en grands sabots au milieu de cette discussion. Je ne suis pas doctorant, mais touché indirectement par une situation que je n'arrive pas à bien cerner.

Une très bonne amie, iranienne, doctorante en physique, a terminé sa troisième et dernière année de recherche et de travail dans le laboratoire d'une université dont je garde le nom. Or, son directeur lui refuse l'autorisation de soutenance, sans pour autant lui fournir un document écrit. La raison qui lui a été annoncée est "le manque d'intérêt scientifique" de sa recherche. C'est curieux, puisque son contrat au laboratoire a été renouvelé pendant trois ans et quatre mois. L'équipe avait donc tout le temps de s'apercevoir de ce manque d'intérêt bien avant d'en arriver là.

Selon mon amie, le blocage est dû à une situation conflictuelle avec le directeur.

Elle a demandé un document écrit expliquant les motifs du refus, mais sa demande est restée en suspend. Elle pense que le directeur fait volontairement trainer l'affaire jusqu'à ce que sa carte de séjour arrive à expiration. En l'absence d'une date de soutenance officielle, elle ne pourrait pas renouveler son statut et serait contrainte à repartir en Iran.

L'école doctorale soutient inconditionnellement le directeur.

Je voudrais savoir quels sont les moyens de résoudre ce type de conflits OU faire pression sur le directeur : une instance tierce chargée de la médiation dans ce type de situations, l'instance hiérarchiquement au-dessus de l'école doctorale, moyen juridique (plainte), etc. ?

Merci de me guider,

Milad

Dyonisos (2015-09-04T22:36:40Z)

Je tairai aussi tous les noms mais une très bonne connaissance, dans les "sciences" ""molles"" (philosophie), après avoir raté de loin l'agrégation, n'être pas du sérail normalien mais de la périphérie dindon-de-la-farcisée des étudiants universitaires, autour de ses 24 ans, a entamé et soutenu une thèse dont il savait parfaitement que c'était du flan intégral, plein de restitutions de lectures qu'il ne comprenait que très mal, et son verdict était clair: après avoir été reçu avec les félicitations du jury, et convaincu que pas mal des membres du jury ne l'avaient lu qu'en diagonale quelques jours auparavant, il me disait qu'en gros deux catégories devaient être distinguées. 1) les thèses à carrière, celles issues des étudiants s'inscrivant dans un cursus honorum type, avec notamment postes d'Ater, publications et participations à des colloques etc. Le jury est alors très vigilant et prend ça au sérieux. 2) un gros contingent de thèses sans aucun espoir d'insertion professionnelle universitaire (O publication, pas d'insertion réelle dans une quelconque communauté scientifique mais travail solitaire à la bn, pas d'agreg, pas de poste d'enseignement universitaire précaire où l'on fait ses armes) : mansuétude habituelle et indifférence pour ces x-ièmes roues du carrosse dont l'avenir après la thèse validée est de toute façon plus ou moins promis aux limbes; une farce en somme.
La solution de bon sens serait de tarir le mal à sa racine, de ne pas faire miroiter des perspectives chimériques à tant d'étudiants, mais là c'est tout le statut effectif et prosaïque de l'Université qu'il faudrait évoquer, et je n'en ai guère envie.
Pour ma part, je ne suis pas trop scandalisé de l'octroi fantaisiste et grotesque de thèses (sauf peut-être pour Teissier où on est allé vraiment loin…), mais le gâchis humain de tous ces thésards sans lendemain, ça oui, je me dis que quelque chose ne tourne vraiment pas rond dans ce système.
PS : la clé non évoquée de tout ça renvoie aussi à la triste singularité française. Alors que tous les pays effectuent des systèmes de sélection et de hiérarchisation pour les "postes intéressants", la norme est que cela passe normalement par la fac. Pas en France, où les bons élèves et les classes sociales aisées passent par les grandes écoles et où la massification a enfanté d'une fac-garage ; le statut des normaliens est évidemment très particulier, coincés qu'ils sont entre le lustre d'antan, la persistance d'un niveau d'excellence qu'à mon sens on ne retrouve dans aucune autre "grande école" et la prolétarisation de la fac et de ses débouchés.

thésé (2015-08-16T19:50:48Z)

@Ggauvain :
Vous indiquez : "Dans les disciplines littéraires, il existe un "comité de suivi de thèse" (CST)constitué par trois enseignants-chercheurs (dont le/la directeur/trice), qui donne un avis une fois par an… sur la base d'un rapport écrit par le/la thésard-e."

Vous pouvez donner des détails sur l'existence de ce CST,
lequel ne semble pas exister dans certains établissements renommés délivrant des thèses dans les disciplines littéraires ?

Ichigo (2015-08-08T22:43:47Z)

« j'ai déjà eu un article rejeté par une revue malgré un rapport indiscutablement positif »

En tant que rapporteur, j'ai déjà vu un article accepté en dépit d'un rapport indiscutablement négatif. Il peut certes y avoir plusieurs rapporteurs, mais c'est une expérience assez étrange, en particulier quand la revue te recontacte pour évaluer la seconde version du papier… Là je trouve que l'on est bien au-delà du mépris. Je me formalise peut-être un peu vite…

Mauvaisours (2015-08-03T07:54:25Z)

En tant qu'encadrant côté financement (c'est à dire que ma boite finance une thèse, et que j'ai été désigné volontaire pour servir d'interlocuteur technique), j'ai une vision un peu 'externe' du process. Je suis incapable de juger du côté 'novateur' de la recherche, et je dois me contenter de ce que me racontent le directeur de thèse, l'encadrant et le thésard. Mais je constate que au moins dans mon cas, le directeur de thèse est présent aux réunions mensuelles d'avancement (avec l'encadrant et le thésard of course) et que des publications arrivent. A partir de là, j'ai quand même l'impression d'être relativement bien tombé par rapport à ce qui est décrit dans l'article.

Ma question serait plutôt : Est-ce que vous pensez que c'est un épiphénomène, ou bien est-ce que ça a tendance à se répandre ?

Ruxor (2015-08-01T22:34:30Z)

@Ggauvain: Dans le genre injustice, le pire c'est les gens qui se fâchent avec leur directeur de thèse, même après la soutenance : j'ai un copain qui s'est retrouvé dans la situation où il était grillé auprès des ennemis de son directeur de thèse (en tant qu'ancien élève de celui-ci) et grillé auprès de ses amis, voire de tout le monde (parce que lettres de recommandations très très froides) — autant dire qu'il en a galéré pour trouver un poste dans ces conditions.

Ggauvain (2015-08-01T22:11:05Z)

Dans les disciplines littéraires, il existe un "comité de suivi de thèse" (CST)constitué par trois enseignants-chercheurs (dont le/la directeur/trice), qui donne un avis une fois par an… sur la base d'un rapport écrit par le/la thésard-e. C'est largement une formalité. Le CST est surtout là en cas de conflit entre le/la directeur/trice et le/la thésard-e, mais en cas d'incompétence directorale, il ne peut pas faire grand-chose.

Il est de toute façon absurde et scandaleux que le/la doctorant-e puisse travailler si longtemps en ayant si peu d'avis extérieurs. On ne peut décemment pas lui refuser un diplôme à l'issue d'un travail aussi long, aussi engageant, aussi coûteux en temps… Donc on donne des thèses au rabais. Mais il est parfaitement injuste également qu'un-e doctorant-e puisse avoir une mauvaise surprise, fût-ce en termes de mention ou de qualité du rapport, à cause d'un mauvais suivi (ou d'une mauvaise estimation de la qualité des travaux) de la part de son/sa directeur/trice. Ca peut tout simplement briser des carrières.

fmaz (2015-07-31T13:05:28Z)

Je me souviens d'une soutenance particulièrement pénible.

Le jury a mis 1h30 à délibérer. Au moment de l'annonce, le président était visiblement TRÈS énervé. Le speech s'est limité à « Monsieur machin, au vu de vos travaux, nous décernons le titre de docteur de l'université bidule. » Puis il est parti sans serrer une seule main ni dire au revoir à personne.

Dans les problèmes qui font qu'on doctorise des personnes qui ne devraient jamais l'être, il y a le fait que tout le monde à intérêt à ce que la thèse soit acceptée:
- le nombre de thèses soutenue est important pour le labo ;
- avoir un étudiant qui n'a pas fini est très mauvais pour un encadrant.

Résultat, je me souviens d'une thèse qui a été écrite par les deux co-directeurs (les papiers aussi). L'étudiant n'a même pas fait ses transparents de soutenance et les directeurs lui ont fait faire pas loin d'une dizaine de répétition pour qu'il soit crédible le jour de la soutenance.

La Chaire est faible ! (2015-07-31T12:34:56Z)

Malheureusement David sans vouloir blesser ta naïveté, ni l'honneur du corps professoral français, je suis obligé d'envisager l'hypothèse que les frères Bogdanoff ont payé les rapporteurs de leurs travaux.

Que tu sois désintéressé je veux bien le croire mais ce n'est pas le cas de tout le monde (certains ont des charges, dettes de jeu, maîtresses, vices coûteux comme la cocaïne, cf Lord Sewel, etc).

Ensuite il peut y avoir des raisons fortes - parfois politiques et d'intérêt national - qui font que si le Quatar arrive avec un gros chèque au Collège de France pour y créer une chaire "Galanterie et courtoisie en terre d'Islam" malgré le caractère surréaliste et grotesque d'un tel intitulé il n'arrive à ses fins ! D'ailleurs je veux bien remplir cette chaire … ne serait-ce que pour empêcher un autre titulaire d'y accéder.

thésé (2015-07-31T06:41:31Z)

@ruxor : Toutes mes plus plates excuses, j'ai été beaucoup trop rapide, j'aurais dû écrire "tout ce qui n'est ni explicitement interdit, ni explicitement autorisé n'est pas pour autant permis".
Ici, un établissement ne peut pas, par exemple, créer une quatrième mention, disons "médiocre" ou "passable" ou toute autre selon son bon vouloir.
L'arrêté "encadre" la délivrance de mentions, pas le déroulement de la séance.
Un établissement ne peut délivrer des thèses que dans les domaines où il a accepté par convention d'être partie à une école doctorale accréditée, et alors il ne pourra pas refuser de délivrer une thèse dans un de ces domaines.
Pour le reste,je ne vois pas l'intérêt d'autoriser le choix entre les deux seules mentions honorable et très honorable, tout en interdisant les félicitations.
Soit l'établissement veut hiérarchiser les thèses, et alors on peut utiliser la hiérarchie autorisée par l'arrêté cadre (3 mentions), soit il ne veut pas les hiérarchiser. C'est ce choix qui fait un sens.
Je trouverais aussi absurde des quotas de mentions. Mais en plus pour moi cela fait partie des choses qui ne sont pas permises (donc illégales), alors que cela n'est explicitement ni interdit ni autorisé.

Ruxor (2015-07-30T19:51:58Z)

@thésé: « Dans un tel cadre, ce qui n'est pas autorisé n'est pas permis, contrairement à une croyance répandue. » → M'enfin, c'est logiquement inepte et même incohérent, comme principe ! Il n'est pas explicitement écrit dans l'arrêté que le jury a le droit de poser des questions pendant la soutenance, ni qu'il a le droit de ne pas en poser, ni qu'il a le droit de respirer : faut-il croire que toutes ces choses sont interdites ? (D'ailleurs, il n'est pas non plus dit qu'ils ont le droit de ne pas délivrer de mentions tout court, juste que *si* ils le font, ça doit être spécifié sur le rapport de soutenance : j'en déduis que ça n'a pas besoin d'être explicitement autorisé.) Il n'est pas non plus explicitement autorisé pour un établissement de ne pas délivrer des thèses dans certains domaines, et je pense qu'il est spectaculairement indiscutable que ça se fait. Et ce serait le summum de l'absurdité qu'un établissement ait un quota minimal de chaque mention à délivrer… En tout cas, que ce soit légal ou pas, il est certain que beaucoup d'établissements choisissent effectivement de ne pas délivrer de félicitations (et il est probable que ce soit une bonne chose).

xavier (2015-07-30T19:41:10Z)

@Ruxor: Ok donc c'est totalement délirant. Comment les instances de l'école doctorale peuvent-elles juger?? Ce serait nettement plus simple de demander aux deux reviewers d'écrire clairement si, oui ou merde, ils autorisent la soutenance. On leur demande le lire le blabla, ce sont souvent les deux seuls personnes au monde qui auront lu tout le balba. Ce sont les deux personnes les mieux placées pour décider.
Prévoir une procédure de départage en cas de 50/50.

ho bien sûr certains reviewers bisounours ne vont pas aimer avoir ce pouvoir…c'est telltement plus simple de dire "mouais bof" quand on demande "0 ou 1"….

Couard Anonyme (2015-07-30T19:20:17Z)

L’histoire des Bogdanov revient tout le temps alors que dans le fond ils n’ont rien fait de particulièrement scandaleux (ce qui est scandaleux est que deux incompétents notoires - thèse ou pas - arrivent à publier des livres et faire des emissions de télé scientifiques mais ça c’est la faute aux médias).

Pour ce qui est des thèses, tu l’as dit toi même, les responsables sont dans l’ordre
- le directeur de thèse qui ne s’est occupé de rien
- les rapporteurs qui ont autorisé la soutenance
- le jury qui a levé les bras en l’air comme un joueur de foot en disant “c’est pas moi, j’y suis pour rien”

Et c’est dans cet ordre là qu’il faut punir si on veut obtenir des résultats : les directeurs de thèse qui ont laissé de mauvaises thèses aller jusqu’à soutenance doivent être privés de thésards à l’avenir. Les rapporteurs qui ont fait leur travail avec légèreté doivent être punis (je ne sais pas trop comment, les priver de rapport c’est presque un cadeau). Pour le jury, on verra ça plus tard.

Quant à l’étudiant, avec sa thèse sans mention il n’ira nulle part donc il est fondamentalement inoffensif. Les mauvaises thèses sont suffisament peu nombreuses pour qu’on puisse vérifier au cas par cas, et si son travail de thèse est médiocre, il est probable qu’il ne brillera pas de toutes les façons par la suite si bien que très rapidement il sera jugé pour ses autres échecs et non plus par la thèse.

Bref, il faut punir à posteriori le directeur. De plus, c’est quelque chose que l’on peut faire rétroactivement, avec calme, en comité restreint, par des pairs dont la compétence est induscutable, avec l’appui de l’université ou de l’organisme responsable.

Cette menace est tellement forte que le seul fait de l’annoncer publiquement en calmera plus d’un.

thésé (2015-07-30T19:17:32Z)

@ruxor :
l'arrêté, qui "encadre" le régime des thèses, offre une possibilité : que le rapport indique une mention (parmi les 3 évoquées). Ne pas opter pour cette possibilité veut dire que le rapport n'indique pas de mention.
Comme vous le remarquez, ce texte n'autorise pas explicitement un établissement à ne pas délivrer telle ou telle mention. Dans un tel cadre, ce qui n'est pas autorisé n'est pas permis, contrairement à une croyance répandue.

Ruxor (2015-07-29T23:10:57Z)

@xavier: Que je sache, un rapport de thèse, c'est comme un rapport sur un article : il est _attendu_ que le rapport se termine par une recommandation d'autorisation de soutenir/publier, mais cette recommandation n'est pas binaire, elle peut être conditionnelle, nuancée, ou exceptionnellement absente ou à lire entre les lignes. La décision finale d'autoriser la soutenance d'une thèse revient aux instances de l'école doctorale, comme celle de publier un article revient au comité éditorial d'une revue. (Et j'ai déjà eu un article rejeté par une revue malgré un rapport indiscutablement positif, au prétexte qu'ils manquaient de place — ce que j'ai trouvé un peu culotté vu qu'ils avaient pris la peine de faire relire le texte. C'est bien la preuve que la décision finale est prise par les éditeurs et pas par le rapporteur.)

xavier (2015-07-29T19:57:59Z)

"Que l'école doctorale ait autorisé la soutenance sur la base de rapports tièdes, et que ces rapports n'aient été que tièdes (plutôt que : carrément froids) pour commencer".
Je n'ai pas envie de me plonger dans les textes mais j'espère bien que les rapports se terminent toujours pas un "oui ou merde" clair et précis autorisant ou pas la soutenance. Que le blabla au dessus soit tiède ou élogieux ne change rien à une décision binaire…ou alors la décision d'autoriser la soutenance est prise par je ne sais qui de l'école doctorale?? si oui à quoi servent les rapporteurs???

Ruxor (2015-07-29T18:57:42Z)

@thésé: Je ne vois rien dans cet article qui indique qu'un établissement n'aurait pas le droit, ni qu'il en aurait le droit d'ailleurs, de refuser de délivrer telle ou telle mention, ou les mentions en général (et en tout cas, vraiment rien qui permette de tirer une conclusion différente sur cette question pour le cas des félicitations par rapport à toutes les mentions).

@Autre touriste: Ça dépend beaucoup des domaines. Mais le fait que l'encadrant et le directeur de thèse ne soient pas la même personne est, justement, un abus, ou en tout cas un contournement des règles. Abus sans doute justifié par le fait qu'on exige (en règle générale) l'HDR pour être directeur de thèse, alors que beaucoup de chercheurs ou enseignants-chercheurs tardent à la passer parce que c'est fastidieux (et qu'en plus il tend à devenir nécessaire d'avoir encadré des thèses pour passer l'HDR, ce qui entretient la nécessité de cet abus), mais abus quand même. Le mieux serait de supprimer cette obligation (en gardant l'HDR comme qualification nécessaire pour devenir professeur des Universités), quitte à avoir une procédure un peu plus contrôlée avec, disons, un « référent de thèse », si le directeur n'est pas habilité. I.e., donner à l'encadrant, qui est la personne importante, le titre officiel de directeur de thèse, et donner au ponte-qui-regarde-de-loin un titre différent et moins central, correspondant à son rôle effectivement moins central. Parallèlement, il faudrait mettre une limite basse (disons, 3, soit une par an) sur le nombre de thèses pour lesquelles une personne puisse être directeur simultanément. Dans la situation que j'évoque, de ce que j'ai compris, le directeur de thèse était censé être l'encadrant réel (et justement, il n'a pas joué ce rôle).

Autre touriste (2015-07-29T18:08:12Z)

Est-il anormal que le directeur de thèse ne suive pas de près les travaux de l'étudiant ? Mon expérience est qu'un étudiant a un "encadrant", avec qui il travaille en permanence mais sans que ce lien soit officiel, et qui en général n'est pas habilité à diriger des recherches ; et un "directeur de thèse", reconnu officiellement, lourd de prestige et d'autorité, et n'ayant qu'une vague idée du déroulement de la thèse.

thésé (2015-07-29T18:03:20Z)

Bonjour,

extrait article 20 arrêté du 7 août 2006 :
" Le président signe le rapport de soutenance qui est contresigné par l'ensemble des membres du jury. Ce rapport peut indiquer l'une des mentions suivantes : honorable, très honorable, très honorable avec félicitations. La plus haute mention, qui est réservée à des candidats aux qualités exceptionnelles démontrées par les travaux et la soutenance, ne peut être décernée qu'après un vote à bulletin secret et unanime des membres du jury. Dans ce cas, le président du jury établit un rapport complémentaire justifiant cette distinction.
Le rapport de soutenance précise, le cas échéant, que l'établissement ne délivre pas de mention.
Le rapport de soutenance est communiqué au candidat. "

J'aimerais bien qu'on m'explique comment un établissement pourrait refuser
de délivrer seulement les félicitations…
Par contre il peut parfaitement décider de ne délivrer aucune mention.

Ruxor (2015-07-29T15:38:02Z)

@vicnent: Le Code de l'Éducation fixe des règles obligatoirement communes à tous les établissements délivrant des thèses en France. Mais les arrêtés accréditant les établissements à délivrer des thèses, les écoles doctorales, tout ça peut fixer des règles additionnelles ou plus précises (qui dans certains cas se trouvent être quand même communes à tout le monde). Par exemple, les contraintes de l'article 19 de l'arrêté que tu cites (MENS0602083A) sur la composition des jurys de thèse sont généralement complétées par d'autres contraintes plus locales ; il y a aussi des endroits où les félicitations du jury n'ont pas le droit d'être décernées (c'était le cas là où j'ai soutenu ma thèse, et il y a une explication spécifique à cet effet dans mon attestation de réussite au diplôme). C'est pour ça que trouver les règles exactes qui s'appliquent dans un cas particulier est très compliqué : et ce n'est pas le boulot du jury d'aller chercher sur Légifrance, c'est celui du personnel administratif de l'université ou de l'école doctorale d'éclaircir tout ce qui doit l'être.

vicnent (2015-07-29T15:21:05Z)

Et dans le code de l'éducation, Article L612-7 (désolé pour le doublon de commentaire, c'est parti un peu tout seul :-)

On y trouve cette "étrange" définition :

Le diplôme de doctorat est délivré après la soutenance d'une thèse ou la présentation d'un ensemble de travaux scientifiques originaux. Cette thèse ou ces travaux peuvent être individuels ou, si la discipline le justifie, collectifs, déjà publiés ou inédits. Dans le cas où la thèse ou les travaux résultent d'une contribution collective, le candidat doit rédiger et soutenir un mémoire permettant d'apprécier sa part personnelle.

<URL: http://www.legifrance.gouv.fr/affichCode.do?idSectionTA=LEGISCTA000006182438&cidTexte=LEGITEXT000006071191 >

Pour ma part, je ne savais pas qu'étaient suffisant :
- "la présentation d'un ensemble de travaux scientifiques originaux", sans que ceux ci soient "soutenus"
- que les travaux en question pouvaient être "collectifs", "déjà publiés".

Voir aussi la notion d'autonomie pédagogique qui permet même à des établissements de délivrer leur propre doctorat. ("Sous leur propre sceau") - Décret n° 2002-481 du 8 avril 2002 relatif aux grades et titres universitaires et aux diplômes nationaux - Article 4 (cf commentaire précédent ci dessous)

vicnent (2015-07-29T14:57:14Z)

Peut être faudrait-il relire les textes officiels, beaucoup de réponses sont dedans

<URL: http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000267752 >

(notamment sur l'objectif, les 3 ans, l'ajournement, etc…)

xavier (2015-07-29T14:12:21Z)

Régis: Peut être mais que ceux qui pensent que ce n'est pas un problème de brader le diplome n'aillent pas pleurer que le dit diplome n'est pas (ou peu) reconnu par l'industrie en france.
C'est tout de même marrant : quand on doit recruter un ingé et qu'on n'a que son CV en main (avant un éventuel entretien), on ne peut se baser que sur des diplomes qui ont été délivrés sur la base de controles n'ayant que peu à voir avec le métier (questions bien posées, temps très limité, controle juste à la fin du cours et j'en passe). La thèse devrait être l'exception puisqu'on donne au moisn 3 ans au type pour s'exprimer très librement. Si on brade les thèse alors ca devient un bout de papier comme un autre :( (et c'est bien le problème de bcp de thèses en france…)

Régis (2015-07-29T11:11:16Z)

David, est-ce qu'une thèse est une quête de la pierre philosophale ou Est-ce un simple exercice académique? Qu'une thèse soit bonne ou mauvaise, Est-ce si important? Est-ce que ce n'est pas plutôt à l'aune de ses publis qu'un candidat à un poste académique est reconnu? Et que, dans ce cas, s'il n'a produit que de la fumisterie, il sera retoqué par le comité de lecture des revues auxquelles il aura soumis son torchon?

DH (2015-07-29T10:55:39Z)

Dans mon expérience, ça se passe un peu comme tu décris à ParisSaclayTelecomTech : si une thèse est problématique, l'école doctorale et/ou le laboratoire le détectent lors d'entretiens au minimum annuels, et si les difficultés sont surmontables, alors le doctorant ne dépose jamais son manuscrit, purement et simplement.

Fred le marin (2015-07-29T05:37:59Z)

C'est cruel.

1) Les frères Bogdanov sont, à ce titre, chacun beaucoup plus intelligents que moi, assurément.
2) Et plus célèbres aussi : mais cela était déjà une évidence.
3) Plus riches, également… (procès gagnés > procès perdus)
Je résisterai encore, néanmoins.
Dans l'ombre protectrice du Génie (ou bien plutôt comme le ver dans le fruit ?).
Et sans me mettre la rate au court-bouillon, hein. (= sans commencer de thèse)
Certes, j'ai un (faible) atout, je suis plus jeune qu'eux : ha ha !


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