Comments on CNRS

Ardamon (2005-01-12T21:02:45Z)

En fait, comme je ne suis pas du milieu scientifique, sinon par personnes interposées, je disais ça à partir des Récoltes et Semailles de Grothendieck. Il critique tellement l'organisation de la recherche mathématique que, bon, ça fait douter…. Mais je ne sais pas du tout.

phi (2005-01-12T13:07:20Z)

C'est aussi mon impression que la situation en math est moins mauvaise que partout ailleurs, à l'université comme, d'ailleurs, à l'inspection Générale. Cela semble déjà moins vrai en math appliquées. Mais est-ce intrinsèque ou dû à la sélection plus sévère pour un sujet plus prisé? Ensuite, il y a un cercle vertueux, ou bien vicieux, de cooptation.

Sinon, j'ai une proposition pour aider notre ami au CNRS: nous, lecteurs de son blog, pourrions écrire au CNTRS pour expliquer que son blog est indispensable à la vie intellectuelle du pays et qu'il est donc impératif de le décharger de ses lourdes obligations de cours (6 heures/semaine!).

Ruxor (2005-01-12T01:57:32Z)

Déjà, j'ai l'impression que les maths sont encore le domaine de la recherche où c'est le « moins pire », si j'ose dire : les gens ont encore une attitude assez fair-play les uns envers les autres, on juge *grosso modo* les gens pour leurs travaux et pas sur de la politique (genre l'influence du directeur de thèse, le copinage, tout ça). Ce n'est pas complètement vrai, ni que les maths soient totalement roses ni que les autres disciplines soient totalement noires, évidemment, mais il y a un peu de ça.

Ensuite, c'est sûr que c'est stressant, ou, plutôt, terriblement lassant, d'être sans arrêt jugé. Après 22 ans d'études (en comptant depuis le CP) j'ai un peu envie de dire : foutez-moi la paix, depuis le temps vous avez dû vous faire une idée de ce que je vaux, maintenant laissez-moi diriger moi-même mes investigations scientifiques, on devrait pouvoir donner à n'importe qui qui persévère à étudier pendant 22 ans et qui prouve qu'il n'est pas trop lamentablement incompétent la possibilité de s'émanciper du contrôle permanent. Mais bon…

Enfin, pour être clair, globalement on voit très peu d'attitude « course au théorème » en maths. Évidemment, on est jugé sur ce qu'on produit (on ne voit pas sur quoi d'autre on pourrait l'être), mais ça ne semble pas provoquer d'attitude déplorable comme on pourrait le craindre.

Ardamon (2005-01-11T17:46:42Z)

Je ne sais pas, peut-être pas pour Ruxor, mais j'ai l'impression que comme il y a beaucoup de chercheur il faut sortir des articles et des théorèmes le plus vite possible si on ne veut pas que quelqu'un ne réduise des années de recherche à néant en publiant plus tôt. Je veux dire, j'ai l'impression que la logique capitaliste est entrée là aussi. Bien sûr, ce n'est pas plus stressant que travailler en entreprise et certainement moins que d'habiter en Corse (non pardon), mais il y a une autre vocation, une autre aspiration quand on fait de la recherche il me semble. Or, je me demande, avec la masse de théories en informatique (cf. l'article d'avant), l'hyperspécialisation, si c'est encore satisfait : on n'apporte que de toute petite briques que presque personne ne comprend et on est en concurrence sur des théorèmes (je ne suis pas du milieu, c'est ce que je sens en lisant les entrées de Ruxor).
Mais j'imagine que c'est bien pire en psysique, et surtout en physique appliquée, là où il y a des répercussions industrielles (mais surement en physique théorique aussi, quand il s'agit de pêcher les subventions).

Oresama (2005-01-11T01:01:33Z)

Ardamon:
> Bref, un stress en plus du travail de chercheur. C'est triste alors. Ca enlève des illusions.

Stressant, le boulot de chercheur ? En tout cas, en informatique ou en mathematiques, et pour ce que je vois autour de moi, je ne vois pas ce que ce boulot aurait de stressant.

Ruxor (2005-01-10T07:20:05Z)

Je n'ai jamais dit que ma carrière serait ruinée si je n'entrais pas au CNRS.

Mais il est vrai que le nombre de places, surtout dans les disciplines les moins appliquées (comme les maths pures, donc) est ridiculement faible (disons que s'il était multiplié par quatre ou cinq il commencerait à me sembler raisonnable).

Ardamon (2005-01-09T18:00:04Z)

Ca se passe vraiment à la manière sportif de haut niveau ? A quelques semaines prêt, une carrière peut être ruinée ? Les sujets se négocient comme des investissements, plus que par intérêt ? Bref, un stress en plus du travail de chercheur. C'est triste alors. Ca enlève des illusions.

Ruxor (2005-01-09T14:55:49Z)

Ce que c'est que la cohomologie, c'est pas facile à expliquer. Disons que c'est une technique très générale (une théorie abstraite, plus un certain nombre de façons de l'appliquer) qui a trouvé de nombreuses instances dans énormément de branches des mathématiques, notamment en algèbre et géométrie algébrique (mais aussi en topologie algébrique et en géométrie différentielle). Elle fournit tout un tas d'objets algébriques (les groupes de cohomologie) qu'on peut associer à, disons, un objet géométrique (mais il y a aussi des applications en-dehors de la géométrie), et, bien sûr, elle pose aussi des questions en elle-même.

Toute la géométrie et l'arithmétique que je fais dans ma thèse se fait de façon “élémentaire” (ou “à la main”), si j'ose dire, sans faire intervenir de cohomologie (ou presque).

Ghalys l'ignare (2005-01-09T14:19:06Z)

C'est quoi la cohomologie ?

Fred le marin (2005-01-08T19:35:17Z)

En France, on a pas de pétrole mais on a des idées (au CNRS)

Et donc bientôt la mise au point de la fusion thermonucléaire contrôlée produisant de l'énergie électrique industrielle et rentable.

Euh non, ce projet - ITER - est international.
Qu'est ce qui distingue vraiment notre recherche des autres pays alors ?

Anatole (2005-01-08T17:06:33Z)

Une question peut-être hors sujet, mais que sais tu des postes en sciences humaines au CNRS, des domaines dans lesquels on les attribue et de la manière dont cela se fait ?

Ruxor (2005-01-08T08:30:32Z)

« Aucune chance » parce que plus les maths sont pures plus les postes sont rares. Comme mon directeur de thèse le dit, essentiellement, le poste dans la discipline (peu de chances qu'il y en ait deux) ira à celui qui a un grand théorème marquant, et il n'y a pas de telle chose dans ma thèse. Ou, une autre fois, il m'a dit « votre thèse n'impressionnera pas les Français parce qu'il n'y a pas de cohomologie dedans » — je pense que ça résume assez bien.

jko (2005-01-08T00:20:20Z)

Je fais un stage de 3 mois au CNRS cette année ;)

bidibulle (2005-01-07T23:18:10Z)

Comment fonctionnent les attributions de poste au CNRS, dans ta discipline? J'ai un ami qui a ete admis au CNRS cette annee mais si je me souviens bien, il travaillait pourtant sur un sujet assez exotique, a la lisiere de la meca stat, de la physique nucleaire et de l'astrophysique.

Anatole (2005-01-07T22:57:52Z)

Pourquoi "aucune chance" ?

Tom (2005-01-07T21:18:30Z)

Pourquoi aurais-tu aucune chance d'être admis ?


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