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Subject: Installation d'OpenBSD
Date: 8 Jan 1999 18:32:30 GMT
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Comment moi, mon ordinateur, et OpenBSD pouvons louzer à fond quand on
coopère...

Il y a quelques mois j'ai observé que sur mon disque dur il restait
1.9Go inutilisés (c'est-à-dire après que Linux, Solaris et FreeBSD
aient chacun mangé leur part du gateau et que j'aie également retiré
quelques gros morceaux pour des partitions de données).  Je me suis
donc dit, essayons d'installer OpenBSD, qui est censé être un système
Qui Torsche (tm) (d'ailleurs, je le pense toujours, simplement je n'ai
pas trop eu l'occasion de le constater).

Première louze.  Je commande OpenBSD 2.3.  Juste deux jours après Max
m'écrit pour me dire qu'OpenBSD 2.4 est sorti.  Bon ben je l'ai quand
même commandé aussi parce qu'il faut être motivé et tout ça et aider
au développement des logiciels libres.

Au bout d'un certain temps (i.e. passablement longtemps, mais là c'est
amazon.com qui louze) j'ai reçu le 2.3.  Comme une fleur je l'ai
booté.  Et comme une fleur le noyau a paniqué.  Pourquoi ?  Parce que
j'ai deux cartes SCSI, une sur PCI à l'irq 11 et une sur ISA à l'irq
12.  Comme chacun sait, détecter les irq des cartes ISA c'est
impossible.  Apparemment Monsieur Kernel s'est laissé troubler par le
fait qu'il y a deux cartes SCSI ou je ne sais quoi : toujours est-il
qu'il a bien détecté à 11 l'irq de la carte SCSI sur PCI mais que
celle de la carte SCSI sur ISA il l'a aussi détecté comme 11, et que
ça l'a fait flipper à mort.

Max m'a dit, essaye toujours avec la 2.4.

La version 2.4 est arrivée aujourd'hui.  Comme une fleur je l'ai
bootée.  Et cette fois le noyau a bien voulu booter ; il a quand même
été stressé par les irq, mais plutôt que de paniquer bêtement, il a
simplement ignoré ma carte SCSI ISA.  C'est déjà mieux - cela dit ce
serait encore mieux si je pouvais lui dire gentiment, d'homme à homme,
que l'irq en question est 12 et que ce n'est PAS LA PEINE d'essayer de
la détecter ou de supposer autre chose.  Enfin, faisons avec ce qu'on
a.

Là-dessus je tombe sur le programme d'installation.  Je suis assez
épaté par ce qu'ils ont réussi à fourrer dans une disquette (c'est un
peu moins impressionnant que pour Solaris mais c'est quand même très
bien).  Bon, le programme n'est *vraiment* pas convivial, mais ça ce
n'est pas un défaut nous le savons bien - c'est même plutôt une
qualité.

Là où j'ai louzé c'est que je n'avais pas pris la peine de bien lire
tous les README du CD consacrés au partitionnement.  Moi je pensais
(naïvement) que le partitionnement c'était un truc plutôt con, j'avais
une partition libre pour OpenBSD et il était censé s'installer dedans
(en créant éventuellement des slices comme il voulait).  Mais non,
c'est bien plus technique que ça.  Contrairement à FreeBSD qui veut
une partition vraiment pour lui et qui fait des slices à l'intérieur,
OpenBSD fait des slices là où on veut dans le disque et ne tient
compte que d'eux et pas du tout (ou presque pas) des partitions
indiquées dans le MBR.  C'est largement plus intelligent, mais c'est
aussi un peu ennuyeux pour quelqu'un de bête comme moi.

Alors l'éditeur de slices m'a montré tous les slices de FreeBSD
(a,b,c,e,f) et j'ai bêtement rajouté des slices pour OpenBSD après
(g,h,i,j).  Mais non ce n'est pas bon parce qu'il veut absolument que
la slice racine soit a et que la slice de swap soit b, qui étaient les
slices correspondants pour FreeBSD.  J'ai donc rebooté (2e fois) sous
Linux pour lire les README et INSTALL (dont celui écrit par Max) un
peu plus attentivement.  Croyant avoir compris, j'ai rebooté (3e fois)
sur la disquette OpenBSD, j'ai détruit les slices FreeBSD et j'ai créé
les slices OpenBSD aux bons endroits (encore que je n'ai pas pigé
cette histoire de slice c qui a des propriétés mirobolantes).

Puis j'ai continué l'installation.  Et le programme d'installation a
voulu créer des systèmes de fichiers sur les slices nouvellement créés
(ce qui est logique).  Évidemment il a échoué parce que j'avais mis le
« block size » et le « fragment size » à leurs valeurs par défaut,
8192 et 1024 respectivement, et qu'il voulait 32768 et 4096
respectivement.  Je n'ai pas compris le message d'erreur et j'ai
continué, ce qui fait qu'il a totalement foiré et que j'ai dû rebooter
(4e fois) (normalement le programme d'installation permet de revenir
au point de départ mais parfois il faut rebooter pour ça).  Alors j'ai
corrigé ces paramètres (dont je ne sais même pas le sens) et j'ai
continué l'installation, cette fois il a bien créé les filesystems.

Il m'a demandé à partir de quel média j'installais.  J'ai répondu
CD-ROM.  Forcément, j'avais oublié que le noyau avait pris peur et
refusé de détecter ma carte SCSI ISA donc que mon lecteur de CD
externe était inutilisable pour l'installation.  Enfin, je m'en suis
souvenu quand il m'a demandé à partir de quel CD je voulais installer
(c'est bien qu'il demande ça - j'ai vu des programmes d'installation
qui « oublient » totalement qu'on peut avoir plus d'un lecteur de
CD).  J'ai mis le CD dans l'autre lecteur.  Et c'est là qu'une autre
louze est intervenue, celle du matériel.  Mon lecteur de CD interne
est De Daube (tm) et il ne lit qu'un disque sur trois.  Et le disque
OpenBSD faisait partie des deux autres.

Donc échec de l'installation.  Enfin, heureusement, on peut encore
installer à partir d'un disque dur, et j'avais une partition de
données libre sur laquelle je pouvais transférer le CD d'installation.
Donc 5e reboot, sous Linux, et j'ai copié le CD d'OpenBSD sur la
partition vierge en question à partir de mon lecteur-graveur externe
(qui marche sous Linux et Solaris, contrairement à ce qui se passe
sous FreeBSD et OpenBSD).  Enfin, façon de parler, parce
qu'apparemment lorsque mon lecteur interne refuse de lire le CD il
n'est pas seul en cause.  Je ne sais pas à qui Theo de Raadt fait
graver ses CD mais il ferait mieux d'aller voir ailleurs.  Mon lecteur
externe a lu le CD en 2 vitesses, soit à moins de 500ko/s, et à ce
rythme, copier 600Mo, c'est long.  Enfin bref, je l'ai copié sur la
partition ext2 libre.

Puis j'ai rebooté (pour la 6e fois) et j'ai eu le plaisir de découvrir
encore une louze.  Celle de mon lecteur de disquettes cette fois, qui
a attendu le dernier secteur d'un très long chargement de noyau pour
faire une erreur qui a évidemment tout planté parce que c'était le
noyau qui se faisait charger.  7e reboot sous Linux, écriture d'une
nouvelle disquette, et 8e reboot à partir de cette disquette.  Là le
gentil programme d'installation m'a demandé à partir de quoi je
voulais installer, j'ai dit un disque local, il m'a proposé la liste
et j'ai vu avec horreur que j'avais oublié de créer un slice pour la
partition Linux sur laquelle j'avais mis les données (comme je disais,
OpenBSD diffère de FreeBSD en ce qu'il ne lit des données sur un
disque *que* si celles-ci sont dans un slice).  J'ai dû rebooter pour
la 10e fois (la 9e fois, c'était sous Linux pour relire les fichiers
d'aide), et créer le slice, et il m'a reposé les questions
habituelles, je lui ai dit d'installer à partir du slice que je venais
de créer, il m'a demandé le type de filesystem sur ce slice, je lui ai
dit « default » (parce que Max écrit dans l'aide à l'installation que
c'est ce qu'il faut faire pour lire du ext2), et là j'ai eu un message
d'erreur comme quoi mount_ext2fs n'arrivait pas à trouver ce qu'il
fallait sur le slice.  Il est possible que j'aie mal positionné le
début du slice...  En tout cas, je n'avais pas envie de rebooter une
11e fois pour vérifier ce point de départ, une 12e fois pour essayer,
et pour constater de nouveau un échec.  J'ai arrêté là.

Et au passage j'ai constaté que j'avais niqué (je ne sais même pas
comment) Solaris *et* FreeBSD.

Conclusions :

 * Quand on a 28 partitions sur deux disques durs, et quatre systèmes
d'exploitations qui chacun a sa façon différente de les nommer, il
n'est pas *évident* de s'y retrouver.

 * Il serait grand temps d'inventer un nouveau système de
partitionnement qui soit simple et logique et qui puisse servir pour
les gens comme moi qui ne veulent pas mettre de système Micro$oft sur
leur ordinateur.

 * Les CD-ROMS sont un média MERDIQUE.

 * Il ne faut JAMAIS tenter d'autodétecter une irq sur ISA.

 * J'ai constaté à plusieurs reprises qu'OpenBSD avait une idée assez
précise de ce qu'est The Right Thing (tm) (par exemple : ils mettent
stty erase à ^? pendant l'installation, et surtout l'horloge système
est supposée être à GMT ce qui est évidemment The Right Thing (tm), il
n'y a que Windaube, FreeBSD et Solaris pour croire le contraire).
C'est aussi un système qui a plus de goût que FreeBSD (le noyau
affiche ses messages en gris sur bleu plutôt qu'en blanc sur noir, et
surtout le curseur est clignotant et pas un horrible pavé blanc).
Malheureusement je suis trop bête et/ou trop malchanceux pour
l'utiliser.

 * Si l'informatique marchait, ça se saurait.

 * Je retourne à ma géométrie algébrique, qui d'ailleurs commençait à
s'impatienter.

