From madore@clipper.ens.fr Fri Jun 16 16:28:43 2000
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Subject: Re: Coniques
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Date: 16 Jun 2000 14:28:43 GMT
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Ellipse : vient du grec elleipsis, « manque », de el-leipô, laisser
derrière soi, négliger.  D'où à la fois le sens de phrase où il manque
un mot et de cercle imparfait (mais je ne sais pas si ce double sens
existe déjà en grec ou s'il est apparu plus tard).  La racine
indo-européenne est likw (leikw au degré e), laisser.

Parabole : du grec parabolê, de para-ballô, jeter, jeter à côté,
mettre à côté, comparer.  D'où la comparaison, puis la métaphore et
l'histoire allégorique (parabolê est bien le terme utilisé dans les
évangiles, p.e. (Mt 13:10)).  On pourrait naïvement penser que le
terme pour la conique vient de la trajectoire suivie par un objet jeté
en l'air, mais, aussi séduisante que soit cette explication, c'est un
anachronisme.  Le terme vient apparemment du fait qu'on compare la
distance au foyer la distance à la directrice de la parabole.

Dans le même genre trompeur, le mot « bal » vient de la même racine
indo-européenne, gw(e)l(*) (le dictionnaire grec de Bailly affirme
qu'il est apparenté au latin volvo mais apparemement il se trompe,
c'est wel et pas gwel) qui signifie « jeter », « lancer », « percer »
(notons aussi « diable » du grec dia-ballein) ; mais le mot « balle »
pourtant sémantiquement proche n'a aucun rapport, il vient du
germanique par l'intermédiaire du francique et provient d'une racine
bh(e)l, « gonfler », qui naturellement a donné également « phallus ».

Hyperbole : du grec hyper-ballein, lancer par-dessus, dépasser,
surenchérir, exagérer.  Là, c'est assez clair.

